Fleuron de l’agrobusiness et véritable attraction touristique de Sikasso, la Ferme Arawane de Boubacar Kouma a reçu la visite de deux personnalités venues l’encourager et démontrer qu’avec la volonté et le soutien institutionnel, notre pays peut relever une grande partie des défis liés à sa souveraineté alimentaire. Ces visiteurs étaient Dr Kokozié Traoré, Directeur général de la Société de production de semences améliorées (SOPROSA) ; et Jean-Claude Saadé, président du Conseil malien des chargeurs de Sikasso.
Homme d’affaires prospère, Jean-Claude Saadé est un grand fournisseur de semences de pommes de terre et de fertilisants dans la capitale du Kénédougou. Il possède une chambre froide pour mieux approvisionner les agriculteurs en semences améliorées nécessaires à de meilleurs rendements. Il faut rappeler que lors de sa visite à Sikasso (Bougouni et Koutiala), du 6 au 8 août 2021, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga avait visité cette ferme. Bâtie sur une superficie de 10 hectares, elle compte environ 70 têtes de boeufs et produit en moyenne 200 litres de lait par jour. Sur place, M. Kouma développe aussi une pisciculture bien réussie.
A la fin de leurs visites, M. Saadé et Dr Kokozié Traoré ont confié à 223 Chrono TV leurs impressions riches d’enseignement pouvant profiter à tous ceux souhaitent investir dans l’agrobusiness.
Jean-Claude Saadé, président du régional Conseil des chargeurs de Sikasso :
J’amène des semences de pomme de terre. J’ai aussi du bétail, mais ça, c’est un loisir. Aujourd’hui, nous sommes venus visiter les étangs piscicoles de Kouma. Il y a un peu de tout ici. Comme il s’agit d’un site bio avec des arbres de qualité, nous sommes vraiment émerveillés. C’est un véritable exemple de développement porté par un opérateur privé. Je constate qu’à Sikasso, le poisson ne sera bientôt plus un problème. Le message que je lance à la jeunesse est de ne pas vouloir tout de suite créer une entreprise de cette envergure, car il faut d’abord apprendre. M. Kouma peut lui-même créer une école ici pour former les jeunes à d’autres métiers. Tout le monde ne peut pas se diriger vers les lycées ou l’administration. Ici, on peut apprendre l’élevage, la pêche, la pisciculture et bien d’autres activités. Le Premier ministre était déjà passé ici auparavant, mais aujourd’hui il y a encore plus de réalisations. Nous sommes véritablement émerveillés. Nous exhortons l’État à apporter son soutien, notamment pour la création de cette école, car ce serait une très bonne chose. Pour moi, il a déjà accompli énormément de choses. Je ne vois vraiment pas ce qu’on pourrait lui demander de plus. Nous ne pouvons que l’admirer. Après, comme c’est un entrepreneur, c’est à lui de décider de la suite.
Dr Kokozié Traoré, Directeur général de SOPROSA (Société de production de semences améliorées) :
Ce que j’ai constaté, c’est que les poissons que nous consommons sont soit pêchés dans les fleuves, soit transportés depuis Mopti ou Sélingué. Aujourd’hui, avec l’augmentation de la population, s’ajoute le phénomène des exploitants d’or, qui polluent fortement les cours d’eau et contaminent les poissons. Ceux qui ne meurent pas deviennent parfois impropres à la consommation. Lorsqu’on arrive ici, on est heureux de constater qu’il existe une autre manière de produire du poisson sain, destiné à la consommation, et cela dans le respect des principes du bio. J’exhorte les habitants de Sikasso à venir visiter cet endroit. J’encourage également M. Kouma à créer un centre de formation ici et à faire connaître ce site dans tout le Mali.
Boubacar Madala Kouma, promoteur de la ferme ARAWANE :
Le travail que nous faisons ici n’est pas du tout facile. Nous avons déjà beaucoup réalisé, mais il reste encore énormément à faire. Comme vous pouvez le constater, dans la région de Sikasso, il n’y a pratiquement pas de fleuve. C’est ce manque que nous essayons de combler à travers la pisciculture. En ce qui concerne l’élevage, c’est la même chose, car pour qu’un pays puisse se développer, ces secteurs sont essentiels. Nous demandons à nos autorités de ne pas nous oublier, parce qu’il nous reste un projet majeur : la construction d’un centre de formation au sein de la ferme. C’est aujourd’hui notre principale préoccupation.
Moussa Bolly
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