FONDS MINIERS : Un tremplin pour l’émergence d’un Mali Kura souverain

La 1ère réunion du Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures dans le secteur des mines s’est tenue le 31 juillet 2026. Le constat est que, du 1ᵉʳ janvier 2025 au 30 juin 2026, les recettes mobilisées au titre des contributions au fonds s’élèvent à 109,14 milliards FCFA. Pour le ministre Alousséni Sanou de l’Économie et des Finances, la matérialisation de ce fonds traduit la volonté des autorités de la transition d’adosser le financement des infrastructures à la performance du secteur minier.

Le Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, dans le secteur des mines du Mali, a tenu sa 1ère réunion le 31 juillet 2026 sous la présidence de M. Alousséni Sanou, ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances. Plusieurs membres du gouvernement et ceux du comité de pilotage ainsi que des responsables des structures des secteurs concernés y ont pris part. Les participants ont fait le point des fonds mobilisés, dans le cadre de ce mécanisme inédit, qui vise à financer (directement et sur nos propres ressources) les infrastructures nécessaires à l’exploitation minière. Il s’agit de faire du secteur minier « un levier structurant » pour transformer la richesse du sous-sol en routes, barrages et réseaux électriques, contribuant ainsi à la compétitivité économique du Mali.

Du 1ᵉʳ janvier 2025 au 30 juin 2026, les recettes mobilisées au titre des contributions au fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport s’élèvent à 109 142 millions de francs CFA, dont 57,751 milliards au titre de l’année 2025 et 51,391 millions pour le premier semestre 2026. « Ces performances traduisent la pertinence des réformes engagées et démontrent la capacité du fonds à générer des ressources substantielles pour accompagner la réalisation des investissements prioritaires de l’État », s’est réjoui le ministre de l’Économie et des Finances. Le ministre Sanou a rappelé que ce fonds a été instauré conformément aux dispositions de l’article 98 de la loi N°2023-040 du 29 août 2023. Celui-ci stipule que « le fonds est alimenté par les titulaires de permis d’exploitation de grandes mines, de petites mines, ainsi que les bénéficiaires d’autorisation d’exploitation industrielle de substances de carrière, à hauteur de 1 % du chiffre d’affaires trimestriel et de 10 % de la redevance, taxe ad valorem, pour les cinq premières années à compter de la date de première production. Le taux de 1 % du chiffre d’affaires est porté à 2,5 % après les cinq premières années ». Et de souligner que « le taux de 1 % du chiffre d’affaires est porté à 2,5 % après les cinq premières années ».

Priorité à l’eau, à l’énergie et aux transports

Au cours de cette session, il a été révélé que plus de 120 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour financer des infrastructures structurantes indispensables à la modernisation du pays et booster l’économie nationale. Pour le ministre des Mines, Pr. Amadou Kéita, la mobilisation démontre que « le secteur minier est véritablement en train d’être le moteur de notre développement économique. Cette politique va donc se poursuivre, et les autres fonds seront également opérationnalisés ». Combinés à d’autres revenus miniers, notamment ceux tirés des dividendes perçus par l’État…, ces fonds contribueront au développement de notre pays. Ces ressources stratégiques sont exclusivement destinées au financement de trois secteurs considérés comme essentiels à la compétitivité de l’économie malienne : l’énergie, l’eau et les transports. Lors de cette première réunion, plusieurs projets prioritaires ont été présentés par les départements ministériels concernés.

Ainsi, la ministre en charge des Transports et des Infrastructures a présenté quelques projets, notamment le chemin de fer, des projets routiers, l’acquisition de bateaux, ainsi que le démarrage de la compagnie Mali Airlines SA. Des réalisations qui sont aujourd’hui plus qu’une nécessité. « Nous remercions les plus hautes autorités d’avoir inscrit ces fonds, qui nous permettent d’atteindre les objectifs d’amélioration de la mobilité, de développement du système multimodal de transport et de diversification des voies d’approvisionnement du pays. Notre pays s’est engagé sur un vaste chantier de réalisation d’infrastructures routières et fluviales, avec pour objectif de faciliter la mobilité et de contribuer au désenclavement. La mise en place de ce fonds est donc perçue comme une urgence, d’où l’enthousiasme du département en charge des transports », a indiqué Mme Dembélé Madina Sissoko.

Pour combler le déficit énergétique qui est en train de plomber les efforts consentis pour sa relance économique, le Mali est également engagé sur la voie de la construction d’infrastructures énergétiques et hydrauliques. Déjà, une nette amélioration est constatée dans l’accès à l’énergie et à l’eau, des secteurs vitaux. Pour favoriser notre souveraineté énergétique, le ministère de l’Énergie et de l’Eau mise sur la réalisation de grands chantiers structurants visant à faire de notre pays un pôle de production énergétique apte à satisfaire totalement les besoins en énergie du Mali.

Le tremplin de la consolidation des acquis

« Nous contribuons qualitativement à l’amélioration de l’agriculture, de la santé, de l’environnement, ainsi qu’aux moyens de production nécessaires à un développement économique non seulement local et régional, mais aussi national. S’agissant de l’énergie, comme vous le savez, il s’agit, non seulement de contribuer au bien-être des ménages, mais aussi de permettre à notre tissu industriel de tenir, de produire, de créer de la valeur ajoutée et de répondre aux besoins de nos compatriotes », a souligné Pr. Tiémoko Traoré. « Le bien-être de nos compatriotes n’est plus un slogan. Preuve en est, grâce au fonds pour le développement local, un montant de plus de 18 milliards de francs CFA a été mis à la disposition des collectivités et le nouveau fonds destiné aux infrastructures va consolider cet important acquis », a ajouté le ministre de l’Énergie et de l’Eau.

Ce fonds est donc un instrument de financement alternatif pour des infrastructures essentielles, traditionnellement dépendantes des ressources budgétaires ou de l’aide extérieure. Les trois secteurs concernés (énergie, eau, transport) sont généralement les principaux goulots d’étranglement de l’économie malienne. Et comme l’analysent des économistes, les grandes réformes du secteur minier commencent à produire leurs fruits, réduisant notamment la dépendance aux financements extérieurs pour des investissements publics et le financement de son développement.

C’est la preuve palpable que les autorités de la transition sont déterminées à faire de la rigueur dans l’exploitation de nos richesses et des fonds généreux le tremplin de l’émergence socio-économique de notre pays. « Ces cinq ans de la Transition auront été ceux de la restauration de l’État et de la reconquête de notre souveraineté. La prochaine étape devra être celle de l’accélération du développement économique et social », a souligné le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, jeudi dernier (6 août 2026) lors de la cérémonie de clôture des rencontres d’échanges du gouvernement avec les populations sur le bilan des cinq ans de la transition. 

Cette rigueur a permis de recouvrer plus de 760 milliards de FCFA auprès des sociétés minières au titre des redevances ajustées et des impôts. Autrefois utilisées de façon non efficiente et moins transparente, ces précieuses ressources deviennent aujourd’hui un véritable levier de développement territorial et de justice sociale.

Kader Toé


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