La lutte contre la désertification était au centre d’un évènement ministériel de haut niveau sur la sécurité et la migration organisé le 24 août 2026 à Oulan-Bator (Mongolie). C’était à l’occasion de la 17ᵉ Conférence des parties (COP 17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification organisée du 17 au 28 août 2026. Dans une brillante intervention, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable du Mali a mis en relief les défis, les enjeux et les acquis de la restauration des terres entreprise pour ériger la Grande muraille verte.
« Restauration des terres, de l’espoir et de la stabilité » ! Tel était le thème d’un événement ministériel organisé le 24 août 2026 par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification en marge de la 17e Conférence des parties (COP 17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification organisée à Oulan-Bator (Mongolie) du 17 au 28 août 2026. « Le nexus (lien) entre la terre, la sécurité liée à la sécheresse et la mobilité humaine est au cœur même de la réalité quotidienne du Sahel », a rappelé à cette occasion Mme Doumbia Mariam Tangara, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable du Mali, et aussi présidente en exercice du Conseil des ministres de l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte.
Au Sahel, a-t-elle poursuivi, « la dégradation des terres n’est pas qu’un défi environnemental. C’est le point de départ d’une réaction en chaîne systémique. Lorsque la sécheresse frappe, les moyens de subsistance s’effondrent. La rareté des ressources exacerbe les tensions intercommunautaires, alimente l’insécurité et pousse des millions de jeunes vers une migration forcée, souvent périlleuse ». Et l’initiative de la Grande muraille verte vise à apporter « une réponse concrète, intégrée et transformatrice » à ce « cercle vicieux ».
Au-delà de la nécessité de planter des arbres pour la régénération du couvert végétal, cette expérience se traduit aussi par des efforts consentis dans la restauration durable des terres dégradées, le renforcement de la résilience des communautés en créant des moyens de subsistance. « Le Mali s’emploie à transformer les espaces dégradés en territoires productifs et résilients à travers les actions de restauration des terres, la promotion de pratiques agro-écologiques, la régénération des écosystèmes et l’implication croissante des femmes et des jeunes », a souligné Mme Doumbia.
Pour la réalisation de la Grande Muraille verte, notre pays a opté pour une démarche qui repose sur une approche intégrée, associant restauration des terres, sécurité alimentaire, gestion durable des ressources naturelles, création d’emplois et autonomisation des communautés. Et cela parce que, pour les autorités maliennes, il ne s’agit pas seulement de constituer une « ceinture d’arbres », mais aussi de constituer « un véritable levier de développement, de résilience et de stabilité générale ».
« Par la restauration des terres, nous redonnons de la valeur au capital naturel du Sahel. Chaque hectare récupéré renforce la résilience des communautés, sécurise la production alimentaire et recrée de l’emploi local, notamment pour les femmes et les jeunes », a assuré Mme Doumbia Mariam Tangara. Et de poursuivre, « en restaurant la productivité des sols et en améliorant l’accès à l’eau, on désamorce les conflits d’usage entre agriculteurs et éleveurs. C’est un outil puissant de sécurité préventive et de consolidation de la paix ». Elle n’a pas caché sa conviction que, « en améliorant la productivité des sols et en sécurisant l’accès aux ressources en eau et aux espaces pastoraux », on contribue à « prévenir les conflits liés à leur utilisation ».
« Au Sahel, la Grande muraille verte doit ainsi être considérée non seulement comme un instrument de restauration des écosystèmes, mais également comme un véritable outil de sécurité préventive, de cohésion sociale et de consolidation de la paix. Elle permet de transformer la restauration des terres en opportunité de développement local, de création de moyens de subsistance et de renforcement de la résilience des communautés », a souligné la présidente en exercice du Conseil des ministres de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte.
Sur le long terme, il s’agit de faire du Sahel un havre de paix, une terre d’opportunités pour les populations, notamment les jeunes qui n’auront plus à braver la mort dans les déserts et dans les océans afin de pouvoir réaliser leurs rêves sous d’autres cieux. « En offrant des perspectives économiques vertes sur place, nous brisons le déterminisme de la migration climatique », a déclaré Mme Doumbia.
Aujourd’hui, la volonté politique manifeste de part et d’autre de cette muraille verte est de refaire de la terre « le levier le plus puissant » pour rompre le lien entre dégradation écologique et instabilité humaine. « Donc investir dans la Grande Muraille verte, ce n’est pas seulement reverdir le Sahel, c’est ancrer la paix, la dignité et l’espoir pour tout un continent », a conclu le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable du Mali.
Moussa Bolly
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