LE TRAMWAY DE BAMAKO : Un projet qui refait surface pour donner raison à ATT

Doter Bamako de lignes de tramway ! Ce projet ne date pas d’aujourd’hui. C’est un vieux rêve que feu le président Amadou Toumani Touré dit « ATT » a tenté de concrétiser pour désengorger et moderniser la capitale malienne. Le projet n’a pas survécu à sa chute. Mais, ces derniers mois, le projet commence à refaire surface.

Créer un réseau de transport moderne pour désengorger le centre-ville de Bamako ! Telle fut un moment l’ambition du Général Amadou Toumani Touré (ATT). Ce baptiseur avait rêvé de lignes de tramway pour moderniser les transports urbains de notre capitale. L’idée était la mise en circulation d’un tramway sur pneus (le Translohr). Le tracé initial portait sur deux lignes principales en forme de « T » pour traverser la ville du nord au sud et d’est en ouest.

Évalué à environ 100 à 200 millions d’euros (65 595 700 000 à 131 191 400 000 milliards de FCFA), le projet devait être réalisé sans frais directs pour l’État malien via un contrat de type « Build-Operate-Transfer » (BOT) avec le groupe Al-Taher et la société française Lohr basée à Strasbourg. Malheureusement, le coup d’État de mars 2012 a stoppé net l’avancement des discussions et des préparatifs.

Le projet a été un moment réactivé avec l’engagement de feu le président Ibrahim Boubacar Kéita. Des responsables d’Alstom-Afrique ont même séjourné à Bamako pour poser les jalons de ce grand projet dénommé « Bamako horizon 2030 ». Ils avaient été chaleureusement accueillis par le maire du district de l’époque (Adama Sangaré). Selon le maire, il est impérieux pour les villes africaines, à l’instar de Bamako, de maîtriser leur développement pour éviter l’asphyxie. « À Bamako, nous devons faire face à 5,4 % de croissance annuelle de la population qui représentera 6 millions d’habitants à l’horizon 2050 », avait-il déclaré. Sans compter la concentration de 80 % des activités industrielles nationales à Bamako et un déséquilibre terrifiant entre les deux rives du fleuve Niger dans la capitale.

« Comment faire fonctionner cet ensemble articulé avec un système de transport collectif performant en intégrant les fonctions urbaines essentielles ? », avait résumé Adama Sangaré pour résumer l’équation à résoudre. Ce projet était surtout porté par l’ambition de faire de la « Cité des trois caïmans » un hub naturel. C’est pourquoi le projet « Bamako horizon 2030 » portait sur des volets essentiels comme la mobilité urbaine, avec des aménagements à faire pour aérer la ville ; l’assainissement et plus particulièrement la gestion des déchets et des eaux usées.

Et il était envisagé de mettre à contribution le partenariat public-privé pour concrétiser ce projet visant à mieux gérer la circulation dans le district de Bamako. Le projet a été curieusement abandonné par la suite en raison de zones d’ombre dans l’attribution du marché sans appel d’offres à l’entreprise strasbourgeoise. Selon certaines sources, ce dossier a d’ailleurs valu des poursuites judiciaires à un ancien maire de Strasbourg.

Ces derniers temps, les autorités de transition (notamment la Délégation spéciale de la mairie du district) ont évoqué à plusieurs reprises la volonté de relancer ou de repenser ce projet d’infrastructure et de transport de masse pour Bamako, en s’ouvrant à de nouveaux partenaires. Il est surtout question de la réalisation des lignes pour des trains intelligents. Dotés d’une autonomie de 500 km et de batteries rechargeables, ces trains électriques s’inscrivent dans une démarche éco-responsable. Ainsi, dans un premier temps, ils doivent assurer la liaison entre les quartiers périphériques et le centre-ville, offrant une solution pérenne aux problèmes d’embouteillages. Et l’illumination des trois ponts emblématiques de la ville doit contribuer à l’embellissement de l’espace urbain et à l’amélioration de la sécurité routière.

« Rêver de lignes de tramway dans la capitale d’un pays qui a toutes les peines du monde à satisfaire ses besoins en électricité n’est qu’une pure illusion » ! C’est ce qu’on entendait souvent quand le président ATT avait manifesté sa volonté de moderniser les moyens de transport urbain dans notre pays. « Mais, tôt ou tard, ATT aura raison. Le monde évolue et le Mali a une obligation de se développer et se moderniser. Surtout qu’il existe aujourd’hui des alternatives crédibles pour pallier le problème d’électricité. En effet, les panneaux solaires sont en évolution dans les transports, comme on le voit maintenant en Thaïlande et en Inde », défend M. Macky Cissé, consultant indépendant.

En tout cas, la récente relance du projet avait suscité un enthousiasme palpable prouvant que sa réalisation est très attendue. Sans doute que les Bamakois, voire les Maliens, sont de plus en plus conscients qu’il est plus que jamais temps de faire de Bamako une ville moderne dotée des moyens de transport ultramodernes ! C’est aussi cela le changement envisagé pour faire du Mali Kura une réalité !

Moussa Bolly


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