« La vérité est la première victime de la guerre ». Ce célèbre aphorisme peut également s’appliquer à des situations autres qu’un conflit ouvert, telles que les coups d’État ou les insurrections militaires, comme celle qui s’est produite au Niger dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Les insurgés, appartenant à différentes unités commandées par des officiers en service dans les régions de Tillabéri et de Dosso, ont attaqué plusieurs points stratégiques de la capitale, Niamey. Les militaires rebelles n’ont diffusé aucune revendication politique, mais, selon des sources locales, ils feraient partie des forces spéciales antiterroristes. On suppose que cette révolte trouve son origine dans la contestation de la désorganisation de la lutte contre les groupes djihadistes opérant au Sahel.
Rappelons que la junte militaire qui a pris le pouvoir lors du coup d’État du 26 juillet 2023 (voir Fides, 27/7/2023) avait justifié le renversement du président Mohamed Bazoum en l’accusant de ne pas avoir été capable d’assurer la sécurité du pays.
Les autorités de Niamey, après avoir réprimé le soulèvement avec l’aide de la Russie et le soutien extérieur de l’Algérie, ont accusé des puissances étrangères d’avoir encouragé et soutenu la tentative de coup d’État.
Le capitaine nigérien Roger Gabriel, dans une déclaration lue à la télévision d’État, a accusé certains membres de l’entourage de l’ancien président Mohamed Bazoum, ainsi que des officiers français, tchadiens, béninois et ivoiriens, d’avoir soutenu la tentative de coup d’État.
L’officier a également affirmé avoir reçu des appels téléphoniques provenant de numéros étrangers, notamment des Émirats arabes unis et de Belgique, dans lesquels on l’invitait à rejoindre les rebelles. Ses interlocuteurs auraient en outre affirmé que des militaires des forces spéciales françaises arriveraient bientôt à l’aéroport de Niamey pour apporter leur soutien aux insurgés.
Des messages ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux selon lesquels les autorités nigériennes auraient décidé de fermer certains centres religieux financés par les Émirats arabes unis, soupçonnés par certains d’être des lieux de formation pour des « terroristes ». Une vidéo non vérifiée a également été diffusée sur Internet, qui montrerait la destruction d’un centre religieux financé par les Émirats, survenue quelques jours après la tentative de putsch militaire.
Pour l’instant, la situation reste donc incertaine. Il semble toutefois que la junte militaire tente de dissimuler les divisions internes au sein de ses propres forces armées, en attribuant à des « puissances étrangères » la responsabilité d’avoir inspiré et soutenu le putsch.
Source : Agence Fides
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