Afrique: Transfert de l’ambassade de la RD Congo de Tel-Aviv à Jérusalem – L’Afrique toujours divisée sur la question

La République démocratique du Congo va déplacer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. L’annonce a été faite le 3 septembre 2026 à la suite d’une rencontre entre le président Félix Tshisekedi et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, tenue le 1er septembre à Jérusalem. Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue de cette visite de travail, les deux dirigeants ont indiqué poursuivre les consultations en vue de l’ouverture d’une ambassade israélienne à Kinshasa et du transfert de l’ambassade congolaise vers Jérusalem.

Il s’agit de la concrétisation d’un engagement pris en septembre 2023 à New York. A l’époque, Tshisekedi avait promis le transfert en échange de la réouverture d’une représentation israélienne fermée depuis 2003. Trois ans plus tard, les modalités restent à définir, mais Kinshasa franchit un pas hautement symbolique.

En prenant cette décision, la RDC entre dans un club très fermé. La quasi-totalité des 87 ambassades en Israël sont à Tel-Aviv, par respect de la résolution ES 10/19 de l’ONU adoptée le 21 décembre 2017 qui considère que toute modification du statut de Jérusalem n’a pas d’effet juridique.

Depuis le geste historique des Etats-Unis qui ont transféré leur ambassade en 2018 sous Donald Trump, seuls le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, le Paraguay, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les îles Fidji ont fait de même.

Côté africain, la démarche est encore plus rare. Le Somaliland, territoire autoproclamé dont la reconnaissance par Israël en décembre 2025 a fait polémique, a ouvert son ambassade à Jérusalem en juin 2026. C’est le seul cas effectif à ce jour sur le continent.

Les promesses non tenues du Malawi et de la Guinée équatoriale montrent bien que la question est loin d’être tranchée en Afrique. Ces pays africains semblaient pourtant avoir uvert la voie. En 2020, le Malawi, sous le Président Lazarus Chakwera, avait annoncé vouloir être le premier pays africain depuis quatre décennies à installer son ambassade à Jérusalem. Saluée alors par Israël comme une décision pionnière, l’annonce n’a jamais été concrétisée.

Même scénario pour la Guinée équatoriale. En 2021, le président Teodoro Obiang Nguema avait annoncé à Benjamin Netanyahu le transfert prochain de son ambassade, alors située à Herzliya près de Tel-Aviv. Aucun calendrier n’a suivi.

Ces hésitations montrent la sensibilité du dossier. Car ce n’est pas une première pour la RDC. Dans les années 70, le Zaïre, la Côte d’Ivoire et le Kenya avaient déjà eu leur ambassade à Jérusalem. Elles avaient toutes été fermées après la guerre d’octobre 1973, sous la pression des pays arabes et de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), pour marquer la solidarité avec la cause palestinienne.

Le choix de Kinshasa aujourd’hui relève donc autant de la diplomatie que du calcul stratégique. Pour Israël, c’est un succès majeur dans son offensive de charme vers l’Afrique. Pour la RDC, qui cherche soutien sécuritaire -notamment face au Rwanda- agricole et technologique, c’est une carte pour obtenir un partenariat privilégié avec Tel-Aviv, au risque de s’écarter du consensus africain et onusien sur Jérusalem.

Source : Fratmat. info


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