Niger: Des Canadiens, des Australiens et des Américains relancent l’industrie de l’uranium au pays

La junte militaire nigérienne relance l’industrie de l’extraction de l’uranium en signant un accord avec la société australienne Atomic Eagle, avec laquelle l’État du Niger a créé la Madaouela Mining Company (MAMICO). La société, détenue à 60 % par Atomic Eagle et à 40 % par l’État nigérien, prévoit de relancer l’exploitation des mines d’uranium à Agadez, dans le centre-nord du pays.

L’accord prévoit le versement initial de redevances s’élevant à 10 millions de dollars, ainsi que des investissements dans le développement local et le renforcement des capacités de l’administration minière. Selon le ministère des Mines, le projet devrait en outre créer environ 1 000 emplois pour les jeunes Nigériens.

Madaouela dispose d’une ressource de 52 843 tonnes d’oxyde d’uranium, une estimation issue des explorations menées par l’ancien titulaire de la licence, GoviEx Uranium Inc., qui l’avait obtenue en 2016.

Cet accord met fin au litige né à la suite de l’expropriation du projet au détriment de GoviEx en 2024. GoviEx et Tombador Iron ont fusionné en novembre 2025, donnant naissance à Atomic Eagle. Conformément aux accords conclus, la nouvelle société retirera la procédure d’arbitrage dans les sept jours suivant la signature de l’accord.

L’accord conclu avec l’entreprise australienne a été signé quelques jours après que la société minière canadienne Global Atomic a obtenu l’approbation du conseil d’administration de l’US International Development Finance Corporation (DFC) pour un financement par emprunt pouvant atteindre 414,2 millions de dollars, destiné à son projet de mine d’uranium de Dasa, également situé dans la région d’Agadez.

Le gisement de Dasa est exploité par la Société Minière de Dasa (SOMIDA), une société basée au Niger détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par le gouvernement nigérien. Découvert en 2010 et autorisé en 2020, le gisement fait l’objet d’activités d’extraction depuis 2022, mais a connu plusieurs retards dans son plein développement. L’achèvement de la mine est désormais prévu pour le premier semestre 2028, sa mise en service étant programmée pour le second semestre de la même année.

Le secteur minier nigérien était historiquement dominé par l’industrie française, d’abord Areva puis Orano. Niamey a nationalisé la filiale locale dans un contexte de détérioration des relations avec la France et de rapprochement avec la Russie. Orano, détenue à 90 % par l’État français, a engagé plusieurs actions en justice contre le Niger, accusant les autorités de lui avoir confisqué ses biens dans le pays.

Malgré la présence russe dans le pays et l’insécurité provoquée par les groupes djihadistes, les sociétés minières anglo-saxonnes ne semblent pas rencontrer d’obstacles particuliers pour investir dans le secteur de l’uranium nigérien.

Source : Agence Fides


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