Maroc : quatre ans de prison pour un dessinateur ayant caricaturé le roi Mohammed VI

Le dessinateur marocain Yasser Mounbir, âgé de 22 ans, a été condamné, le vendredi 30 octobre 2026, à quatre ans de prison ferme et à une amende de 40 000 dirhams pour « insulte à l’encontre du roi » Mohammed VI. La décision, liée à la publication de caricatures du souverain sur Instagram, suscite des réactions de défenseurs des droits humains et relance le débat sur la liberté d’expression artistique au Maroc.

Figure de la scène graffiti marocaine, le jeune dessinateur avait publié sur son compte Instagram, suivi par plusieurs milliers d’abonnés, des caricatures représentant le roi sous différentes formes. Ces illustrations ont été considérées comme offensantes par les autorités marocaines. Arrêté en juin 2026, Yasser Mounbir était depuis placé en détention provisoire dans une prison de Casablanca.

Selon nos informations, le tribunal l’a reconnu coupable d’insulte au roi et à des agents publics. Son avocat, Me Farouk Mehdaoui, a annoncé son intention de faire appel de la décision. La condamnation comprend une peine de quatre années d’emprisonnement ainsi qu’une amende de 40 000 dirhams, soit environ 3 600 euros.

La défense conteste la sévérité de la sanction. Les avocats de Yasser Mounbir, Farouk Mehdaoui et Soujar Sara, estiment que la peine est disproportionnée et porte atteinte à la liberté de création artistique. Ils soutiennent qu’une œuvre ne devrait pas entraîner une privation de liberté au seul motif qu’elle choque ou dérange.

L’Association marocaine des droits humains a également réclamé la libération du dessinateur, invoquant le respect de la liberté d’expression. Une pétition en sa faveur avait déjà recueilli plusieurs centaines de signatures, notamment celles de journalistes, d’intellectuels et de personnalités de l’opposition.

Cette affaire intervient dans un contexte de débat sur les limites de la liberté d’expression au Maroc. L’article 179 du Code pénal marocain prévoit des sanctions pour l’offense au souverain. La condamnation de Yasser Mounbir, qui fait désormais l’objet d’un appel annoncé par sa défense, place une nouvelle fois la question de la liberté artistique et de ses limites juridiques au centre de l’actualité.

Sory Diakité


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