La Russie a clairement affiché sa position : elle ne retirera pas ses forces du Mali. Ce jeudi 30 avril, le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a rejeté sans ambiguïté l’appel des groupes rebelles demandant le départ des paramilitaires russes du territoire malien. Moscou affirme au contraire vouloir poursuivre son engagement aux côtés des autorités de transition dans la lutte contre le terrorisme.
« La Russie poursuivra […] la lutte contre l’extrémisme et continuera d’apporter son aide aux autorités en exercice », a déclaré le porte-parole, réaffirmant ainsi le rôle stratégique que joue aujourd’hui la coopération militaire russo-malienne.
Depuis la rupture avec la France en 2022, les autorités maliennes ont renforcé leur partenariat militaire avec la Russie, notamment à travers la présence de paramilitaires issus de l’Africa Corps.
Dans ce contexte, les responsables du FLA haussent le ton. Leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a appelé publiquement à un retrait total des forces russes du Mali. Selon lui, les affrontements entre rebelles et paramilitaires russes auraient tourné à l’avantage des groupes armés.
Un discours qui s’inscrit dans une stratégie plus large de remise en cause de l’influence russe dans la région, alors que les groupes séparatistes tentent de consolider leur contrôle sur le nord du pays.
Cette nouvelle escalade intervient dans un climat déjà lourd, marqué par la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué lors de récentes attaques. Figure centrale de la coopération militaire avec Moscou, il était considéré comme l’un des architectes du rapprochement entre Bamako et la Russie.
Le maintien de la présence russe au Mali confirme la dimension internationale du conflit. Entre lutte d’influence, guerre contre le terrorisme et revendications séparatistes, le pays se retrouve au cœur d’un affrontement complexe, où les alliances extérieures jouent un rôle déterminant.
Alors que les combats se poursuivent dans le nord, la position de Moscou laisse peu de place à un désengagement à court terme, malgré les pressions des groupes armés. Une posture qui pourrait contribuer à prolonger, voire intensifier, les tensions sur le terrain.
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.