Mali : le ministère de la Justice veut renforcer la lutte contre le travail forcé des enfants dans l’orpaillage

Bamako – La protection des enfants contre le travail forcé dans les sites d’orpaillage artisanal s’est retrouvée au cœur de la quatrième édition du Café des Droits de l’Homme, organisée par la Direction nationale des Droits de l’Homme (DNDH), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

La cérémonie d’ouverture, tenue à l’Hôtel Orpheus Dreams, était présidée par le secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar Sidiki Diarra, représentant le ministre Mamoudou Kassogué.

Cette quatrième édition a été consacrée aux droits de l’enfant et aux enjeux liés au travail forcé sur les sites d’orpaillage artisanal. À travers cette rencontre, les organisateurs entendent renforcer le dialogue entre les acteurs concernés, sensibiliser davantage sur les risques auxquels sont exposés les enfants et favoriser une mobilisation accrue en faveur de leur protection.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de la Justice a souligné que le travail forcé des enfants dans les zones d’orpaillage demeure une préoccupation importante au regard de ses conséquences sur leurs droits fondamentaux.

Selon lui, les difficultés socioéconomiques et les crises successives contribuent à l’exposition de nombreux enfants à des activités qui compromettent leur accès à l’éducation, aux soins de santé et à un environnement sécurisé, tout en affectant leur développement.

La protection de l’enfant constitue ainsi, a-t-il rappelé, à la fois une obligation juridique, une responsabilité morale et un impératif institutionnel.

Face à cette situation, les autorités mettent en avant plusieurs mesures destinées à prévenir et à combattre les pires formes de travail des enfants. Elles comprennent notamment le renforcement du cadre juridique, les opérations de contrôle sur les sites d’orpaillage, les actions de sensibilisation ainsi que la mobilisation des services compétents.

L’objectif est de mieux identifier les situations de travail forcé, de protéger les enfants concernés et, lorsque cela est nécessaire, de faire appliquer les dispositions légales contre les pratiques interdites.

Pour les participants au Café des Droits de l’Homme, la lutte contre le travail des enfants ne peut toutefois se limiter aux interventions sur les sites d’orpaillage. Elle nécessite également une action sur les facteurs économiques et sociaux qui favorisent la vulnérabilité des familles et l’exposition des enfants à ces activités.

Lancé le 11 décembre 2023, le Café des Droits de l’Homme est présenté par la DNDH comme un cadre régulier d’échanges et de sensibilisation sur les questions relatives aux droits humains au Mali.

Le directeur national des Droits de l’Homme, Abdoul K. Diarra, a souligné l’importance de la continuité de cette initiative, dont la quatrième édition confirme, selon lui, l’ancrage progressif dans le paysage national de promotion des droits humains.

Le secrétaire général du ministère de la Justice a également présenté cette plateforme comme un espace de dialogue citoyen permettant de renforcer la culture des droits humains, tout en faisant référence aux traditions historiques du Mali, notamment à l’héritage de la Charte de Kurukan Fuga.

À travers cette nouvelle édition, le ministère de la Justice entend ainsi placer davantage la protection de l’enfant au centre des politiques de promotion des droits humains et renforcer la mobilisation contre les pratiques qui compromettent son avenir.

Sory Diakité


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