Le chercheur malien Abdoulaye Djimdé rejoint le comité scientifique consultatif de l’ONU

Un scientifique basé à Bamako va désormais participer à l’une des instances qui orientent la réflexion scientifique au plus haut niveau international. Le professeur Abdoulaye Djimdé vient d’être nommé au comité scientifique consultatif du Secrétaire général de Organisation des Nations Unies, un groupe restreint d’experts chargé d’éclairer l’institution sur les grandes questions liées à la science et à l’innovation.

Ce comité n’est pas une structure large. Il réunit seulement une quinzaine de scientifiques venus de plusieurs continents. Leur mission consiste à analyser les évolutions de la recherche et à conseiller les dirigeants de l’ONU lorsque les décisions politiques croisent les enjeux scientifiques, santé mondiale, nouvelles technologies, climat ou encore sécurité sanitaire.

Pour le Mali, la présence de Abdoulaye Djimdé dans ce cercle est loin d’être anodine. Le chercheur dirige à Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako le Centre de recherche et de formation sur le paludisme, un laboratoire qui travaille depuis des années sur la résistance du parasite aux médicaments antipaludiques. Une question très concrète sur le terrain : dans plusieurs régions d’Afrique, certains traitements perdent progressivement leur efficacité.

Pharmacien de formation, il obtient d’abord son doctorat à Université de Bamako avant de poursuivre ses recherches aux États-Unis, à University of Maryland School of Medicine. Ses travaux vont notamment identifier des marqueurs génétiques permettant de repérer les souches de parasites devenues résistantes à certains médicaments. Cette découverte a aidé les programmes de santé publique à adapter leurs stratégies thérapeutiques dans plusieurs pays africains.

Dans son laboratoire de Bamako, les recherches mêlent travail de terrain et analyses génétiques. Des échantillons sont collectés dans différentes zones du pays, puis étudiés pour comprendre comment le parasite évolue face aux traitements. Ces données alimentent ensuite des publications scientifiques et servent aux programmes de lutte contre le paludisme.

La reconnaissance internationale du chercheur ne date pas d’hier. En 2023, Abdoulaye Djimdé a reçu le Prix Christophe Mérieux pour ses contributions à la recherche sur les maladies infectieuses en Afrique. Deux ans plus tard, il figure aussi parmi les lauréats du Prix Hideyo Noguchi pour l’Afrique, une distinction scientifique attribuée par le gouvernement japonais.

Sa nomination au comité scientifique de Organisation des Nations Unies marque une nouvelle étape. Elle place un chercheur travaillant depuis Bamako dans les discussions internationales où se croisent science, politiques publiques et décisions globales. Une position qui donne aussi davantage de visibilité à la recherche produite au Mali, souvent menée loin des projecteurs mais au cœur de défis sanitaires très concrets.


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