PROACTIVITÉ DE LA RENAISSANCE AFRICAINE : Consolider la souveraineté par le recours à une exploitation efficiente et efficace de nos ressources naturelles

Pour nos États, la renaissance doit se manifester par une grande indépendance dans le financement des grands chantiers du développement. Ce qui n’est pas de la mer à boire pour un pays comme le Mali, qui peut tirer des ressources extraordinaires de la mise en valeur de ses richesses naturelles sur la base de partenariats stratégiques. À condition bien sûr d’assurer efficacement les transitions préalables au grand basculement économique, scientifique et technologique.

Tant qu’on peut honorer ses engagements, on ne peut être en faillite ! Dans le cas précis du Mali insoumis, c’est de savoir et pouvoir tirer profit de nos propres forces (impôts et taxes découlant de la production nationale de biens et services…). Ce qui est fait avec brio par celui qui tient le cordon de la bourse (ministre de l’Économie et des Finances) depuis cinq ans (M. Alousséni Sanou), face à l’embargo financier impérialiste. Mais cette source de revenus publics a ses limites à cause du faible développement économique de notre pays. Il est clair que « l’on ne peut tirer d’un sac plus que son contenu ».

Il faut donc chercher des ressources extraordinaires, non pas à travers la méthode classique de l’endettement, mais en ayant recours à l’exploitation efficiente et efficace de nos ressources naturelles. Des cinq monopoles néolibéraux de domination du monde, l’accès aux ressources naturelles est le seul levier sur lequel nous pouvons agir. C’est une façon de compter sur nos propres forces en prenant le contrôle de nos ressources qui sont convoitées par le monde entier. Faut-il rappeler que le sous-développement n’est pas le manque de ressources, mais l’incapacité à tirer profit de ses ressources ?

Nous disposons de ressources extraordinaires nous assurant des emprunts adossés aux mégaprojets de mise en valeur industrielle de nos ressources pour une mise à niveau de notre économie. Elles nous garantissent aussi des investissements directs étrangers sur les mégaprojets de mise en valeur industrielle de nos ressources. Nous disposons aussi des ressources ordinaires découlant de la mise en valeur industrielle des ressources naturelles (impôts, taxes, dividendes…). N’empêche qu’il nous faut vivifier les capitaux morts sur et sous le sol malien ; judicieusement exploiter des ressources naturelles inexploitées faute de moyens et des compétences requises.

De nos jours, le constat est que nos entreprises fonctionnent au ralenti faute de financement, d’organisation et de maîtrise de notre économie face à la prédation des puissances d’argent. Sans compter le poids de l’informel avec une prolifération d’entreprises fonctionnant hors contrôle juridique et fiscal. Ce qui est sans doute le signe d’un déficit de soutien à la création d’entreprises.

Un partenariat stratégique avec les BRICS sur la base des 7 transitions économiques fondamentales…

Pour consolider le socle de notre souveraineté économique, nous devons nouer des partenariats stratégiques de 25 à 30 ans avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et l’Afrique du Sud) sur la base des sept transitions économiques fondamentales pour rompre avec le cercle vicieux du sous-développement. L’auto-ajustement et des partenariats stratégiques doivent permettre l’occupation efficiente des populations avec des infrastructures et des équipements à hauteur de souhait pour produire la richesse. Le premier moyen de lutte contre la pauvreté est de donner du travail aux populations.

Production-productivité-rentabilité-formation de capital : voilà le chemin de la croissance et du développement économiques. Et cela avec le bouquet synergique politique, sécuritaire et économique de l’AES, comme nouvelle dynamique de la Renaissance africaine face à la chasse en meute de « l’impérialisme libéral ». Il nous faut également nouer des partenariats stratégiques avec des pays côtiers fiables pour sortir de l’enclavement à travers la réalisation en commun d’infrastructures ferroviaires et routières d’interconnexion.

Auto-ajustement sur les programmes et projets de la « Vision Mali 2063 » sur le plan national ; des programmes et projets structurants d’intégration au niveau AES (différent de l’agenda 2063 de l’Union africaine qui s’inscrit dans le cadre des CSLP, NEPAD) ; et autres dispositifs imposés par le capital financier mondialisé, instigateur et moteur de l’impérialisme néolibéral… À terme, il faudra plutôt nécessairement opérer la « déconnexion » de ce système. Une telle démarche ne peut se faire dans la précipitation. Elle doit plutôt se faire en trois étapes d’actions intelligentes et intensives. Au préalable, il faut concentrer les efforts sur l’auto-ajustement axé sur le triple réarmement culturel, politique et économique à hauteur du grand basculement de la Renaissance africaine en ce 21ᵉ siècle.

Comme souligné plus haut, il faut aussi des partenariats stratégiques (notamment avec les BRICS) sur les sept transitions de réarmement économique. Ces partenariats doivent être adossés à la mise en valeur de nos immenses ressources naturelles afin d’assurer l’effectivité du plein investissement ; du plein emploi ; et de la croissance économique à deux chiffres pour tourner la page du sous-développement. Nos décideurs doivent faire de la formation continue de capital une priorité absolue pour se passer d’aide extérieure, notamment de l’appui technique venant d’ailleurs.

Cultiver un leadership fort et vertueux porteur de la charge de direction de la rupture historique

La concrétisation du Projet alternatif africain (REMA 21) de Renaissance et de Mutation de l’Afrique au 21ᵉ siècle nécessite la reconstitution du continent en tant que force qui compte, à travers la consolidation, l’extension et le développement exponentiel de l’acquis AES. Et cela dans des dimensions politique et militaire, portées par l’ambition et la volonté de puissance d’une nouvelle Afrique ; géographique et démographique en tant que cadre de naissance d’une nouvelle Afrique ; économique, scientifique et technologique en se dotant des outils de la montée en puissance vers les cimes. Le tout porté par l’unité de pensée et d’action face aux menaces impérialistes et aux défis du développement.

La charpente de la Renaissance, à partir de la souveraineté économique, doit être la gouvernance souverainiste se déclinant par la défense, la sécurité et la stabilité. Mais nous devons être aussi conscients que c’est seulement par la connaissance scientifique et les compétences technologiques que nous nous imposerons en renversant la table de mensonges, d’aliénations culturelle, politique et économique. C’est seulement par la puissance économique, scientifique et technologique, d’une part, et des institutions politiques et militaires conçues et fonctionnant à hauteur des enjeux et défis de la rupture historique REMA 21, d’autre part, que l’Afrique remontera sur le podium de socialisation et de progrès de l’humanité. Une société sans infrastructures est une entité sans colonne vertébrale. Tout comme une société sans électricité est privée de souffle vivifiant. Et la quête du développement d’une société qui a perdu la bataille de l’éducation de masse et de qualité et sans perspective d’emploi de la population la plus jeune du monde, est une pure utopie.

Notre vœu de souveraineté économique et de renaissance ne se concrétisera qu’à travers une dynamique exponentielle du développement s’exprimant par une méthodologie de la renaissance africaine. Ce qui suppose s’approprier et maîtriser science et technologie, sans oublier qu’elles « n’édictent pas de valeurs et ne définissent pas le sens de la vie humaine, ni n’indiquent comment vivre ensemble ». Tout cela relève de la seule responsabilité des hommes, selon le chercheur Étienne Klein dans son analyse de la crise de la science. Et nous avons la chance que les Nouvelles technologies (TIC) ont ouvert la voie à une capacité illimitée de calcul, de conception assistée dans tous les domaines de la capacité humaine de compréhension et de création. Pourvu que nos jeunes (ingénieurs, agro-entrepreneurs…) les maîtrisent et en fassent une utilisation judicieuse !

Diatrou Diakité Consultant indépendant


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