Rapport annuel 2025 : les services judiciaires face à leurs résultats

Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a procédé, ce lundi 30 mars, à la remise symbolique du rapport annuel d’activités 2025 de ses services centraux, structures assimilées et juridictions. Présidée par le Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, la cérémonie a permis de dresser un état des lieux précis des performances enregistrées au cours de l’année écoulée et de réaffirmer l’exigence de redevabilité dans la gestion du secteur judiciaire.

Au centre, le Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, entouré de ses proches collaborateurs. L’ambiance reste sérieuse, presque tendue par moments.

Le document remis ce jour-là n’est pas anodin. Il rassemble les activités de toute une année : services centraux, structures assimilées, juridictions. Un condensé du fonctionnement réel du système judiciaire.

Le Secrétaire général, Boubacar Sidiki Diarra, ouvre les échanges. Il ne tourne pas autour du sujet.

Selon lui, ce rapport doit casser une habitude bien installée : celle de gérer sans rendre compte de manière précise. Il parle clairement de dérives dans les pratiques passées. Derrière ses mots, une volonté de cadrer.

Il déroule ensuite un bilan qu’il juge globalement positif. Des efforts ont été fournis, affirme-t-il. Certaines structures ont amélioré leur rendement. D’autres ont stabilisé leurs activités malgré les contraintes.

Les responsables prennent la parole à tour de rôle. Onze services. Quatre juridictions.

Les interventions s’enchaînent.

Certains arrivent avec des données précises : nombre de dossiers traités, délais réduits, activités menées mois par mois. D’autres restent plus vagues, évoquant des « efforts » ou des « avancées » sans toujours entrer dans le détail.

Du côté des juridictions, quelques responsables évoquent la pression des volumes à traiter. Des piles de dossiers qui ne diminuent pas aussi vite que prévu. Des audiences qui s’enchaînent. Des moyens limités pour suivre.

Le ministre écoute, puis recentre

Pendant les présentations, Mamoudou Kassogué reste attentif. Peu d’interruptions. Il laisse les exposés aller jusqu’au bout.

Quand il prend la parole, le ton est posé. Il félicite, d’abord. Il reconnaît le travail fourni, sans exagération.

Puis il tranche : cette rencontre n’est pas faite pour montrer, mais pour servir.

Il insiste sur un point précis : ces rapports doivent guider les décisions. Pas question qu’ils finissent classés sans suite. Pour lui, ce sont des outils concrets, presque opérationnels.

Un exercice qui met chacun sous regard

Ce qui change ici, ce n’est pas seulement la production du rapport. C’est le fait de l’exposer publiquement, devant la hiérarchie et les autres services.

Pour plusieurs participants, l’exercice ressemble à une mise à niveau. Une manière de rappeler que chaque structure est attendue sur des résultats mesurables.

Après les constats, la suite reste attendue

La rencontre se termine sans annonce spectaculaire. Pas de grandes décisions dévoilées sur place.

Mais une direction est donnée : renforcer les capacités là où ça bloque, améliorer l’organisation interne, et surtout maintenir cette logique de suivi.

Sur le fond, tout dépendra de ce qui sera fait après. Les rapports existent. Ils sont désormais partagés.

Reste à voir si, dans les prochains mois, ils vont réellement peser sur la manière de travailler.

Parce qu’au ministère, cette fois, les chiffres ont été dits à voix haute. Et ça change forcément quelque chose.


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