Algérie : 14 partis exclus avant les législatives de juillet

Un mois et demi avant les élections législatives a algériennes prévues le 2 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a annoncé l’exclusion de 14 partis politiques pour non-conformité à la législation en vigueur, illustrant un cadre électoral marqué par une forte régulation administrative.

L’exclusion de 14 partis politiques a été annoncée par le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, lors d’un forum organisé par le quotidien public El-Moudjahid. Les partis concernés, dont El-Islah, n’ont pas respecté les obligations légales liées au renouvellement de leurs instances dirigeantes dans les délais fixés, selon une liste établie par le ministère de l’Intérieur. En conséquence, ces formations ne pourront pas présenter de listes de candidatures pour le scrutin. La date limite de dépôt des dossiers reste fixée au 18 mai, dans le cadre d’un calendrier jugé « strictement encadré » par l’autorité électorale.

En maintenant ces exclusions, l’ANIE met en avant le respect formel de la loi électorale. Karim Khelfane a rejeté les demandes de prolongation formulées par certains partis, notamment le Parti des travailleurs (PT), qui évoquait des retards administratifs dans la mise à disposition des formulaires de parrainage. « Il est impossible de prolonger ces délais légaux », a-t-il insisté, rappelant qu’un délai de 45 jours avait été accordé pour la constitution des dossiers. Une position qui, tout en s’inscrivant dans une logique de discipline procédurale, alimente les critiques sur l’égalité d’accès au processus électoral.

Au-delà de l’argument juridique, cette situation met en lumière les tensions persistantes entre encadrement institutionnel et pluralisme politique. Les difficultés signalées par plusieurs formations, notamment en matière de légalisation des parrainages ou d’organisation interne, révèlent des obstacles pratiques qui peuvent peser sur la capacité effective de participation.

L’ensemble des partis aurait néanmoins retiré les formulaires de souscription auprès des coordinations locales de l’ANIE, sans que le nombre exact de candidatures potentielles ne soit précisé à ce stade.

Parallèlement, les autorités insistent sur les mécanismes de contrôle mis en place pour encadrer le scrutin. Une commission de supervision du financement de la campagne sera installée dès son ouverture, réunissant des magistrats de la Cour suprême, du Conseil d’État et de la Cour des comptes, ainsi que des représentants d’instances de lutte contre la corruption et du ministère des Finances. Cette configuration vise à renforcer la transparence formelle du processus, dans la continuité de la révision de 2021 de la loi électorale.

Avec un corps électoral estimé à 24 millions 503 600 inscrits, dont 264 000 à l’étranger, ces élections interviennent dans un contexte où les autorités affirment poursuivre un objectif de «moralisation de la vie publique » et de lutte contre le nomadisme politique. La portée effective de ces mesures sur la participation et la représentativité reste toutefois observée avec attention, dans un paysage politique où les conditions d’accès à la compétition demeurent étroitement encadrées.

Source : APA NEWS


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