Des membres du mouvement Gen Z sont toujours gardés à vue pour enquête. Selon la ministre de la Justice, ils sont suspectés d’être en lien avec le colonel Patrick Rakotomamonjy dans des affaires dans lesquelles il figure sur la liste des accusés.

Complicité présumée. Ce serait la raison de la garde à vue prolongée de trois membres de la Gen Z, à en croire les explications de Fanirisoa Ernaivo, ministre de la Justice. En marge de la présentation d’un projet de loi à l’Assemblée nationale, à Tsimbazaza, hier, elle a indiqué qu’ils sont soupçonnés d’être de connivence avec le colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur du bureau des doléances à la présidence de la Refondation de la République.
« L’enquête a révélé des échanges avec le colonel Patrick [Rakotomamonjy] et d’autres accusés dans les trois affaires dont je venais de parler, dont Guy Baret, qui a également été interpellé », déclare la garde des sceaux, en réponse à la presse.
« (…) leurs échanges via WhatsApp et Telegram, ainsi que des documents préparatoires de leur manifestation et de la tentative de coup d’État qu’ils comptaient [organiser]», auraient également été découverts durant l’enquête, à s’en tenir à ses propos.
Herizo Andriamanantena, Rija et Carine, trois figures des manifestations initiées par le mouvement Gen Z en septembre et octobre 2025, sont gardés à vue depuis plusieurs jours. Ces membres de la Gen Z de la première heure se sont, depuis, rebaptisés Gen Z 261. La ministre Ernaivo confirme, en effet, que leur dossier n’a pas encore été remis à la Justice.
Trois affaires
À l’instar de trois autres jeunes, libérés pour des raisons de santé, selon les explications, ils ont été interpellés après la manifestation baptisée « Marche pacifique », le 11 avril, allant d’Ambohijatovo jusqu’à la place du 13-Mai.
La ministre de la Justice n’a pas indiqué quels chefs d’inculpation pourraient être retenus contre les trois jeunes. Toutefois, à s’en tenir à sa déclaration, ils risquent gros. « Ces jeunes qui sont détenus sont soupçonnés d’être impliqués dans les trois affaires que je viens de citer », soutient-elle en effet. Trois affaires dans lesquelles le colonel Rakotomamonjy figurerait systématiquement sur la liste des accusés. Ce dernier a été arrêté jeudi, puis incarcéré à la maison de force de Tsiafahy.
À écouter l’agencement de ses réponses à la presse, hier, l’une des affaires citées par la garde des sceaux est la saisie d’une importante somme d’argent en provenance de l’étranger. Les autorités soupçonnent que cet argent serve à financer une tentative de coup d’État. « Parmi les accusés figure un ressortissant français dénommé Guy Baret, qui a fait entrer l’argent actuellement bloqué à la Banque centrale. L’enquête est toujours en cours pour déterminer l’origine de ces fonds », explique-t-elle. Ce ressortissant français, avec quatre Malgaches, a été interpellé la veille de l’arrestation du colonel Rakotomamonjy.
Le second dossier est celui qui a fait l’objet d’un défèrement au parquet du Tribunal de première instance (TPI) d’Antananarivo, le 2 avril. Treize personnes, dont le colonel Rakotomamonjy, figurent sur la liste des accusés de tentative d’assassinat du président de la Refondation de la République et de tentative de coup d’État. La troisième affaire citée par la ministre Ernaivo est « l’atteinte à la sûreté de l’État qui implique Sylvain Rabetsaroana [ancien sénateur] ».
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