Mali : face à la crise du riz local, l’État lance une opération de rachat de plus de 26 000 tonnes

Dans un contexte marqué par les tensions sur le pouvoir d’achat et les difficultés persistantes du secteur agricole, le gouvernement malien a décidé d’intervenir directement sur le marché du riz.

Réuni le jeudi 23 avril 2026, le Conseil des ministres, sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, a annoncé une mesure exceptionnelle visant à soutenir la filière rizicole nationale. Selon le communiqué officiel (CM N°2026-16/SGG), l’État procédera à l’achat de 26 030 tonnes de riz local invendu, détenues par l’Interprofession de la filière riz.

D’après le communiqué, cette décision fait suite aux difficultés d’écoulement du riz local, principalement liées à des coûts de production élevés, qui rendent le produit malien moins compétitif que le riz importé.

Une situation paradoxale dans un pays où la production rizicole est considérée comme un pilier stratégique de la sécurité alimentaire. Sur les marchés, le riz importé continue en effet de dominer, souvent proposé à des prix plus accessibles pour les consommateurs.

Pour faire face à cette crise, le gouvernement a opté pour une approche interventionniste :

  • rachat du stock invendu auprès des producteurs ;
  • revente du riz à la population à un prix jugé accessible ;
  • subvention accordée à l’Office des Produits Agricoles du Mali pour couvrir les coûts de l’opération.

Toujours selon le communiqué du Conseil des ministres, cette initiative vise un triple objectif :

  • soutenir la production nationale ;
  • préserver le pouvoir d’achat des ménages ;
  • stabiliser le marché en période de soudure.

Si la mesure peut apporter un soulagement immédiat aux producteurs et aux consommateurs, elle soulève néanmoins des interrogations sur le fond.

La question de la compétitivité du riz local reste entière. Entre coûts de production élevés, contraintes logistiques et concurrence des importations, la filière semble confrontée à des défis structurels qui dépassent le cadre d’une opération ponctuelle de rachat.

À moyen terme, plusieurs observateurs estiment que la relance durable du riz malien passera par :

  • l’amélioration des rendements agricoles ;
  • la modernisation des infrastructures de transformation ;
  • et une meilleure organisation des circuits de commercialisation.

Au-delà de l’urgence, cette décision s’inscrit dans un enjeu plus large : celui de la souveraineté alimentaire du Mali.

En intervenant pour soutenir la production locale, l’État envoie un signal fort en faveur de la valorisation des ressources nationales. Reste à savoir si cette opération marquera le début d’une politique agricole plus structurée ou si elle restera une réponse ponctuelle à une crise conjoncturelle.


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