Pilier de la stratégie de défense du Mali, dont il était sans doute le principal architecte, le Général de corps d’armées Sadio Camara n’a pas survécu à l’attentat contre son domicile (Kati Sananfara-Fouka) samedi dernier (25 avril 2026). Aujourd’hui, les Maliens et les panafricanistes convaincus pleurent un valeureux officier, un vaillant militaire qui a toujours assumé ses missions comme un sacerdoce.

Nous étions nombreux, les Maliens, les Africains… les humains à espérer que soit fausse la rumeur qui s’est répandue dans la matinée du dimanche 26 avril 2026 sur les réseaux sociaux comme une traînée de poussière soulevée par l’harmattan et qui faisait les choux gras des médias de la propagande. Hélas, cet espoir s’est estompé par la lecture du communiqué du gouvernement à la télévision dans la soirée (ORTM, JT de 20h).
Il fallait se rendre à l’évidence : le Général de corps d’armée Sadio Camara a tiré sa révérence après s’être héroïquement défendu suite à l’attentat perpétré contre sa résidence de Kati-Fuga des terroristes. Une annonce qui a plongé le Mali, voire une grande partie de l’Afrique, dans la stupeur, dans une profonde tristesse, dans l’amertume et la désolation. Ils sont rares ceux qui ont pu retenir leurs larmes après cette annonce officielle. Même le ciel n’a pas pu retenir ses larmes… En témoigne la fine pluie tombée quelques minutes avant l’annonce officielle de sa disparition.
Ce valeureux officier disparaît ainsi avec son timide sourire, sa sincérité, son humilité à toute épreuve, mais aussi avec son courage, sa vaillance… Le Général de corps d’armée est tombé sur le champ d’honneur avec bravoure et dignité. Selon le communiqué officiel, un véhicule piégé (conduit par un kamikaze) a visé la résidence du ministre, qui a engagé des échanges avec des assaillants dont il a réussi à éliminer certains. « Au cours d’intenses affrontements, il a été blessé puis transporté à l’hôpital où il a malheureusement succombé. En outre, l’effondrement de sa résidence a causé d’autres victimes et la destruction d’une mosquée à proximité ayant entraîné la mort de certains fidèles qui étaient à l’intérieur », a souligné le communiqué du gouvernement de Transition.
Agé de 47 ans, Sadio Camara restera à jamais comme un Grand homme dont l’humilité faisait la force. Ministre de la Défense et des Anciens combattants depuis le premier gouvernement de cette transition, il était considéré à juste titre comme l’un des piliers du régime militaire au pouvoir depuis le 18 août 2020. Brillant officier, il avait suivi une formation en Russie avant de revenir au Mali pour jouer un rôle déterminant dans la prise de pouvoir par le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP).
Discret et rigoureux, ses apparitions en public sont rares et ses prises de parole inexistantes. N’empêche qu’il était vite devenu l’homme à abattre par les ennemis du Mali. Ceux-ci ont vite compris que, tant que l’incorruptible Sadio pilotait la stratégie de défense du pays, leurs tentatives de déstabilisation étaient vouées à l’échec. Armée de l’expérience du terrain et de son expertise, l’illustre défunt s’est toujours imposé par sa volonté de doter le pays d’un outil de défense à la hauteur de son glorieux passé militaire. On comprend alors qu’il ait fait ses preuves partout où il a servi sa patrie.
Commandant de la 1re compagnie du Groupement d’intervention N°2 de la Garde nationale du Mali (G.I.G.N.M/2002-2007) ; Directeur du Centre de formation du contingent au centre de Markala (2013) ; Commandant du Prytanée militaire de Kati (2016-2020) sont, entre autres, les fonctions assumées par le Général Camara. Il a aussi joué un rôle prépondérant dans la mise en œuvre des opérations « Soutara » (2002) et « Djiguitougou ».
Militaire valeureux, discret et élégant à l’efficacité redoutable sur le front
Légitimement célébré aujourd’hui comme un héros national, Sadio Camara n’était pas seulement un Général de l’armée, mais aussi et surtout un musulman pieux, un citoyen modèle et généreux ; un patriote qui a toujours su s’oublier au profit de la nation. « Au-delà du militaire, figure marquante de l’engagement pour le Mali, le Général Camara était un homme d’écoute et de rassemblement. En nous recevant en janvier 2024, il avait témoigné de cette ouverture d’esprit rare : attachement au dialogue, volonté constante de privilégier le consensus et la paix. Ce geste, empreint de responsabilité et de hauteur, restera le reflet d’un leader qui choisissait d’unir plutôt que de diviser », a témoigné l’ancien Premier ministre Moussa Mara à l’annonce de sa disparition. Et de conclure, « il part en soldat, mais il laisse un testament politique : le dialogue est une arme, la paix est une victoire. Dans la tempête que traverse le Mali, son exemple nous oblige » !
« Le Général Sadio Camara n’était pas seulement un collaborateur du gouvernement pour Choguel ou un frère d’armes pour d’autres ; il était l’architecte silencieux et infatigable de la refondation et de la souveraineté militaire de notre pays. Depuis le début de notre marche pour la Refondation, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga témoigne de sa rigueur de fer, de son patriotisme incandescent et de sa loyauté sans faille envers les idéaux de notre peuple. Il était de ceux qui agissent dans l’ombre pour que la lumière de la souveraineté puisse éclairer chaque foyer malien…», a témoigné l’équipe de communication de l’ancien Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga. Elle a notamment rendu hommage à ce brave militaire pour « sa discrétion, son élégance d’officier et sa bonne éducation » qui n’avaient d’égale que « son efficacité redoutable sur le terrain de la défense nationale et des intérêts supérieurs du peuple malien » !
En lui, notre pays perd un fils dévoué et courageux qui l’a servi avec honneur et dévouement jusqu’au sacrifice ultime. Comme le disent ses parents soninkés, « un homme ne meurt vraiment que s’il n’a rien laissé derrière lui ». Comme notre frère Samba Gassama, la République du Mali est aujourd’hui convaincue que le Général Camara « laisse bien plus qu’un héritage ». L’illustre défunt a notamment été l’un des artisans majeurs de la refondation de l’Armée malienne, le principal architecte de sa montée en puissance, réconciliant ainsi les Maliens avec leurs Forces de défense et de sécurité (FDS). Grâce à son leadership et à sa clairvoyance, l’Armée malienne s’est relevée, redonnant fierté et confiance au peuple malien.
Homme de parole, valeureux officier et digne fils de la nation, Sadio n’aura pas vécu en vain. Son nom restera gravé dans l’histoire du Mali. Va en paix, mon Général ! Ceux qui ont trempé dans ton assistanat se réjouissent sans doute de t’avoir tué ! Mais, ils se trompent parce qu’un héros disparaît physiquement, mais ne meurt jamais ! Sadio est tombé les armes en main, en martyr de la refondation de l’Armée malienne, de la stabilisation du pays.
Pieux musulman que tu as toujours été, que le Firdaouss soit ta demeure éternelle au paradis !
Moussa Bolly
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