La 3ᵉ édition des « Olympiades des métiers de Conakry » s’est déroulée dans la capitale guinéenne du 22 au 24 avril 2026. Durant trois jours, cet événement a mis en compétition les meilleurs talents du pays pour valoriser les filières techniques, piliers de la vision « Simandou 2040 ». Invité d’honneur, le Mali a été dignement représenté par le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

« Le pouvoir des métiers : révéler les talents, promouvoir l’excellence » ! Tel était le thème de la 3ᵉ édition des « Olympiades des métiers de Conakry » organisée dans la capitale guinéenne du 22 au 24 avril 2026. « Il ne s’agit plus seulement de former, mais de former utile, compétitif et immédiatement mobilisable sur le marché du travail », a rappelé M. Alpha Bacar Barry, ministre guinéen de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, lors de la cérémonie d’ouverture. Il a insisté sur la rupture paradigmatique que porte cette initiative. Cette orientation stratégique reflète l’ambition des autorités guinéennes de rapprocher davantage les systèmes de formation des besoins réels de l’économie.
« Cette édition marque une étape importante : elle met en compétition des jeunes dans plusieurs métiers et offre une plateforme ouverte au public pour découvrir leurs compétences. Elle permet également aux établissements de formation de présenter leurs programmes et d’orienter les jeunes vers des filières porteuses. C’est aussi un espace de collaboration avec le secteur privé afin d’adapter nos formations aux besoins du marché », a souligné M. Barry.
Invitée à l’événement pour représenter le Mali, Mme Oumou Seck Sall a rappelé que ces olympiades valorisent la jeunesse et renforcent le capital humain. « Ces Olympiades constituent un cadre d’excellence pour promouvoir l’innovation, la créativité et les compétences professionnelles. Les métiers ne sont pas de simples occupations : ils sont un levier essentiel du développement économique, social et humain », a souligné le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, à la cérémonie d’ouverture.
« Le thème de cette édition, centré sur la valorisation des métiers et la promotion de l’excellence, est en parfaite adéquation avec nos ambitions communes. Nous avons la responsabilité de créer un environnement favorable à la formation et à l’entrepreneuriat des jeunes, qui représentent notre plus grande richesse. En encourageant l’excellence et en valorisant les compétences, nous préparons une génération capable de relever les défis de demain », a ajouté Mme Seck, en mettant un accent particulier sur la thématique choisie pour cette édition.
Le Mali bien engagé dans la dynamique de promotion de l’entrepreneuriat et de la formation professionnelle
« Le Mali s’engage pleinement dans cette dynamique à travers des stratégies visant à promouvoir l’entrepreneuriat et à améliorer le climat des affaires. Des initiatives comme les Olympiades des métiers sont essentielles pour révéler les talents et inspirer de nouvelles vocations », a souligné Oumou Sall Seck. Elle n’a pas chômé pendant son séjour dans la capitale guinéenne. Ainsi, jeudi dernier (23 avril 2026), Mme Seck a visité deux Centres de formation professionnelle, en compagnie de son homologue guinéen, M. Alpha Bacar Barry. Il s’agit notamment du Centre de formation professionnelle « Camara Laye » de Donka, fruit du « chantier-école », et du complexe BTP de Nongo.
À l’issue de la visite, Madame le Ministre a indiqué que nos deux pays sont dans la dynamique de mettre ensemble leurs expériences, leurs expertises et leurs efforts, dans le but d’intensifier notre coopération, conformément à la vision des deux chefs d’État. Auparavant (à l’issue de la cérémonie d’ouverture), Mme Oumou Sall Seck et son homologue avaient visité les différents stands installés au sein du site du village des olympiades.
La participation du ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle à cet événement majeur traduit une convergence de vues entre les deux pays sur la nécessité d’ériger la formation technique et professionnelle en pilier du développement durable et de la souveraineté économique. « Ma participation témoigne de notre engagement à renforcer la coopération entre États africains, notamment dans les domaines de la formation professionnelle et de l’employabilité des jeunes », a confié Mme Seck à la presse.
Une expérience enrichissante en terre guinéenne
Une participation très enrichissante pour le ministre et sa délégation. Et cela d’autant plus que, en plus des stands d’exposition et de concours mettant en exergue les jeunes talents, l’événement a été rehaussé par des panels aux thèmes pertinents.
« L’enseignement technique et la formation professionnelle au service du développement économique et industriel : quelles compétences pour la Guinée de demain ? » ; « Énergie, infrastructures et souveraineté industrielle : Quelles politiques publiques pour le financement des infrastructures ? » ; « Politiques publiques et insertion professionnelle : comment bâtir un marché de l’emploi inclusif et durable en Guinée ?» ; « PME et Capital Humain : Entrepreneuriat et Innovation », « Partenariat public-privé : comment aligner formation, entreprises et besoins du marché ? » ; « Financement des compétences et entrepreneuriat : quel rôle pour les banques, microfinances et investisseurs » ; « Politiques publiques et insertion professionnelle : comment bâtir un marché de l’emploi inclusif et durable en Guinée ? »… ont été, entre autres, les thèmes débattus au cours des panels.
Selon des observateurs, le panel 6 s’est imposé comme un espace de réflexion stratégique autour d’un enjeu central : l’alignement entre les systèmes de formation, les exigences des entreprises et les dynamiques du marché de l’emploi ! Ce qui se comprend aisément dans un contexte marqué par l’accélération des mutations économiques et technologiques, les échanges… qui ont mis en lumière une évidence structurante : « Aucune réforme durable de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ne peut se concevoir sans une synergie renforcée entre les secteurs public et privé ».
Ce panel a permis aux experts, décideurs, acteurs de la formation et aux représentants du tissu économique d’explorer des leviers concrets pour bâtir un écosystème plus performant. « Au-delà du diagnostic, ce panel a posé les bases d’une vision partagée : faire du partenariat public-privé un catalyseur de l’employabilité des jeunes et de la compétitivité nationale », a commenté un confrère guinéen.
Au-delà de la dimension compétitive, les « Olympiades des métiers de Guinée » s’inscrivent dans une stratégie assumée de revalorisation des filières techniques et professionnelles, longtemps reléguées au second plan dans les systèmes éducatifs africains. C’est une initiative qui vise à repositionner les métiers comme des vecteurs centraux de création de richesse, d’innovation et d’inclusion socio-économique. Ces Olympiades se veulent ainsi une vitrine des savoir-faire nationaux, mais également un instrument de benchmarking (parangonnage) des compétences, en phase avec les standards internationaux. Elles offrent aux jeunes talents un espace d’expression, de reconnaissance et de projection professionnelle, tout en renforçant les synergies entre acteurs publics, privés et partenaires techniques.
À travers cette initiative, la Guinée affirme sa volonté de faire du capital humain qualifié le socle de sa transformation structurelle, en misant résolument sur la dignité et la puissance économique des métiers. Et l’édition 2026 a confirmé cette vocation : être bien plus qu’une vitrine des talents, un véritable laboratoire de transformation des politiques de formation au service du développement.
Moussa Bolly (synthèse)
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