Le secrétaire d’État Rubio a annoncé mardi des mesures contre des membres du gouvernement de transition de Juba, accusés d’entraver le processus de paix et de se livrer à la corruption.

Les États-Unis ont annoncé mardi 12 mai l’imposition de restrictions de visas à des membres du gouvernement de transition du Soudan du Sud, accusés de compromettre la paix dans ce pays en proie à une grave instabilité.
Dans un communiqué publié par le porte-parole du département d’État, Thomas « Tommy » Pigott, Washington indique que le secrétaire d’État Marco Rubio a pris ces mesures en vertu de la section 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration et la nationalité.
Accord de paix en péril
Le gouvernement de transition est accusé d’avoir «pendant des années » entravé la mise en œuvre de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS), signé sous la première administration Trump.
Le communiqué fait également état de détournements massifs de fonds publics et d’aide étrangère, citant notamment la société Crawford Capital, Ltd., épinglée par « de nombreux organismes d’enquête respectés » pour avoir « siphonné » les caisses de l’État.
Offensive militaire et crise humanitaire
Les Forces de défense du peuple sud-soudanais (SSPDF), placées sous le commandement du président Salva Kiir, sont par ailleurs pointées du doigt pour une offensive militaire dans le nord de l’État de Jonglei, qui aurait déplacé quelque 300 000 personnes et créé « les conditions d’une famine potentielle » dans de larges portions du territoire.
Washington fait en outre état de « rapports crédibles » faisant état de violations des droits de l’homme et de tueries à caractère ethnique visant la communauté Nuer.
Pression américaine maintenue
Les États-Unis ont réaffirmé leur soutien au peuple sud-soudanais et averti qu’ils continueraient à «utiliser tous les outils disponibles » pour exposer et promouvoir la reddition de comptes des responsables gouvernementaux, des officiers des SSPDF et de tout individu s’enrichissant au détriment de la population.
Ces sanctions américaines interviennent dans un contexte de paralysie du processus de transition au Soudan du Sud. La tenue d’élections en décembre 2026 constituerait la troisième tentative pour mener à bien la transition prévue par le R-ARCSS de 2018, après des reports successifs en 2022, 2024 et 2025.
La Commission des droits de l’homme des Nations Unies pour le Soudan du Sud a averti que la transition politique était « en train de s’effondrer » et que le pays risquait de « replonger dans un conflit généralisé si une action internationale urgente n’était pas entreprise ».
Sur le plan politique, le premier vice-président Riek Machar est actuellement mis en examen devant un tribunal spécial, tandis que l’APLS dans l’opposition conditionne sa participation au dialogue à sa libération.
Source : APA NEWS
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