Afrique: Le Nigeria lance le rapatriement de ses ressortissants d’Afrique du Sud

Face à la recrudescence des violences à caractère xénophobe en Afrique du Sud, le gouvernement nigérian a annoncé le lancement d’une opération de rapatriement volontaire de ses ressortissants. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, le premier vol, assuré par la compagnie Air Peace, est prévu pour le 10 juin.   

Cette décision intervient à l’issue d’un recensement lancé le 4 juin auprès de la communauté nigériane présente en Afrique du Sud. Selon les autorités, 1 094 personnes ont exprimé leur volonté de regagner le pays.

Afin de faciliter cette opération, le Nigeria et l’Afrique du Sud se sont accordés sur plusieurs mesures exceptionnelles. Les ressortissants en situation irrégulière, notamment ceux ayant dépassé la durée de validité de leur visa, ne seront ni arrêtés ni placés en détention lors d u control à la frontière.

Une crise à la suite de fortes violences

Pour rappel, le climat de tension s’est détérioré à partir du 30 mars 2026 à KuGompo City où des émeutes avaient entraîné l’incendie de plusieurs véhicules ainsi que le pillage de commerces appartenant à des étrangers.

Cette escalade de violence provient de la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant l’intronisation symbolique d’un représentant de la diaspora nigériane comme « roi des Igbo ». Bien que l’association culturelle Ohaneze Ndigbo South Africa (ONSA) ait précisé qu’il s’agissait d’une distinction privée et honorifique, l’initiative a été très controversée.

Par ailleurs, plusieurs chefs traditionnels locaux ainsi que des responsables politiques, notamment du parti ActionSA , l’ont dénoncé en le considérant comme une atteinte à la souveraineté nationale.

Plusieurs pays concernés par les retours

Le Nigeria n’est pas le seul pays à organiser le retour de ses ressortissants. Le Ghana a déjà procédé à l’évacuation de 654 de ses citoyens, tandis que le Malawi a annoncé des mesures destinées à faciliter les départs. De son côté, le Mozambique prépare le rapatriement d’environ un millier de personnes.

La crise prend également une dimension diplomatique. Les autorités mozambicaines affirment que neuf de leurs ressortissants ont trouvé la mort lors des récentes violences, alors que Pretoria ne reconnaît officiellement que deux décès.

Ces tensions s’inscrivent dans un contexte marqué par un décalage persistant entre la réalité de l’immigration et la perception qu’en a une partie de la population sud-africaine. Plusieurs enquêtes montrent en effet que le nombre d’étrangers présents dans le pays, tout comme la proportion de migrants en situation irrégulière, est souvent largement surestimé.

Face à ces préoccupations, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé, le 7 juin, une série de mesures visant à renforcer la politique migratoire du pays. Parmi elles figurent un durcissement des contrôles aux frontières et la création de tribunaux spécialisés chargés d’accélérer les procédures d’expulsion des personnes en situation irrégulière.

Selon les autorités nigérianes, l’ensemble des ressortissants inscrits au programme de retour devrait avoir quitté l’Afrique du Sud avant le 30 juin, date butoir fixée par plusieurs groupes de pression sud-africains.


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