L’ŒIL DE LE MATIN : Quand le quotidien nous expose au burn-out !

« Vous n’êtes pas loin du burn-out. Ménagez-vous en trouvant les moyens de vous évader de votre environnement quotidien… En plus du stress lié à la gestion de votre diabète, vous êtes physiquement, moralement, psychologiquement épuisé… ! C’est le diagnostic à distance d’un ami psychosociologue avec qui nous discutons souvent sur diverses questions liées à la santé mentale, aux maux de notre ère…

Le burn-out ou « syndrome d’épuisement professionnel » ? Une autre « maladie des Blancs » ? Pas du tout ! Plutôt un mal de notre ère.  « C’est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental profond. Il résulte d’une exposition prolongée à un stress professionnel chronique, lorsque surtout les capacités d’adaptation de l’individu sont dépassées », définit le psychosociologue.

Autrement, sommes-nous au bord de la dépression ? « Bien que le burn-out et la dépression partagent un épuisement profond, ils diffèrent par leur cause et leur étendue. Le burn-out est centré sur le travail et naît d’un stress chronique. « La dépression est une maladie globale qui affecte toutes les sphères de la vie, sans nécessairement de cause déclenchante », corrige le spécialiste. Ce n’est pas en tout cas surprenant avec toutes ses équations à résoudre (gestion difficile du quotidien alors que le coût de la vie prend l’ascenseur tous les jours, l’avenir des enfants et du pays, convictions professionnelles contrariées…), surtout quand on est sérieusement diminué par la maladie.

Selon de nombreux experts (sociologues, psychologues, psychanalystes), le burn-out est un épuisement professionnel lié à une « surcharge de travail », souvent combinée à un « surinvestissement personnel ». Ce n’est donc pas « juste » de la fatigue, mais aussi une « accumulation » qui, à terme, conduit à un effondrement physique et psychique. « Cela touche fréquemment des personnes très investies, consciencieuses, perfectionnistes, qui veulent bien faire, parfois au détriment de leur santé. Elles donnent beaucoup, sans recevoir la reconnaissance adéquate en retour ».

Le mot burn-out vient de l’idée de « s’éteindre de l’intérieur », comme si un feu avait consumé toutes les ressources, sans qu’on ne le voie forcément venir. Si au début ce syndrome était observé dans les métiers du soin (au contact direct de la souffrance humaine), aujourd’hui, il concerne tous les secteurs. Présentement, avec la situation socio-économique et politique du pays, chacun doit faire extrêmement attention parce que, à cause du stress et des angoisses au quotidien, on peut rapidement basculer dans la dépression, le burn-out. Ce dernier mal, selon les spécialistes, se manifeste généralement par trois symptômes majeurs.

À commencer par l’épuisement émotionnel et physique ; une fatigue intense, permanente, qui ne disparaît pas avec le repos. Des troubles du sommeil, des maux de tête ou des douleurs musculaires apparaissent également. La dépersonnalisation est aussi un autre symptôme qui se manifeste avec « une attitude de cynisme ou de détachement face au travail ou aux personnes », accompagnée d’un isolement social. La perte d’accomplissement personnel est le 3ᵉ symptôme majeur marqué par un sentiment d’incompétence, d’inutilité ou une baisse de l’estime de soi au travail. « Ce syndrome touche souvent des personnes très engagées et investies dans leur travail. Il est favorisé par une surcharge de travail, le manque de reconnaissance, une perte de sens ou le sentiment de ne pas avoir de contrôle sur ses missions », souligne notre ami psychosociologue.

Comment s’en sortir ?

La consultation médicale, l’écoute des besoins physiques et le repos absolu sont les « étapes clés » pour remonter cette pente périlleuse. Pour s’en sortir, il faut privilégier un sommeil réparateur, une bonne hydratation et une alimentation équilibrée tout en pratiquant une « activité physique douce » comme la marche pour évacuer les tensions. Tout comme il faut s’accorder une coupure totale avec le travail pour recharger ses batteries. Selon les praticiens, le temps de récupération dépend du stade d’épuisement.

Le traitement du burn-out repose généralement sur une modification de l’environnement de travail ou des responsabilités. La personne peut également bénéficier d’un soutien psychologique, notamment pour apprendre à gérer le stress et à poser des limites claires. Comme le rappelle si bien le sociologue, « se sentir bien dans son travail est essentiel. Il ne faut donc pas minimiser les premiers signes de mal-être. En parler, consulter, se faire accompagner, c’est déjà un premier pas vers la reconstruction ».

« Quand le corps dit STOP, il faut l’écouter. Certains patients sont physiquement incapables d’allumer leur ordinateur, de sortir du lit ou de démarrer leur voiture. Ces effondrements soudains sont des signaux d’alerte majeurs », nous conseille Pauline George, psychologue spécialisée dans la santé mentale et la souffrance au travail.

Ecoutons donc notre corps et ménageons-le parce que rien ne vaut la santé qui est sans doute le capital le plus précieux pour un investissement humaindurable !

Moussa Bolly


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