Redevabilité et transparence obligent, le ministre délégué chargé de la Défense et des Anciens combattants et le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile étaient face aux forces vives de la nation lundi dernier (13 juillet 2026) pour présenter le bilan quinquennal (2021-2026) de la défense et de la sécurité au Mali. Malgré la persistance des menaces, des avancées fort appréciables ont été réalisées au grand bonheur des Maliens. Au niveau de la défense, le bilan est marqué par une montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa), la reconquête de territoires clés (notamment Kidal) et un changement de partenaires stratégiques.

Acquisition d’équipements à la hauteur des défis sécuritaires ; des formations de qualité pour requinquer le moral des troupes et renforcer leurs capacités opérationnelles ; construction de nouveaux camps militaires en vue de l’extension du maillage territorial ; construction e l’hôpital ‘instruction des armées, réforme institutionnelle et relecture des textes, militarisation de la Police nationale et de la Protection civile… La liste des avancées réalisées dans le secteur de la Défense nationale durant les cinq années de refondation sous la direction du Général d’armée Assimi Goïta est loin d’être exhaustive. Les grandes lignes ont été présentées aux forces vives de la nation lundi dernier (13 juillet 2026) par le ministre délégué chargé de la Défense et des Anciens combattants, Général de division Oumar Diarra.
Au cours des cinq années écoulées, l’armée malienne a bénéficié d’une importante modernisation de ses équipements et d’une réorganisation interne. Les autorités ont misé sur la souveraineté en diversifiant leurs partenariats militaires, actant notamment le départ de la force française Barkhane et de la mission européenne EUTM, ainsi que de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).
Ainsi force est de constater que, au cours de ces cinq dernières années, les autorités de la transition ont réellement engagé d’importants efforts pour renforcer les capacités des forces armées dans un contexte géopolitique particulièrement difficile. Confrontées à une menace sécuritaire persistante et à des défis multiples, elles ont fait de la montée en puissance de l’armée une priorité stratégique à travers le renforcement des effectifs, l’acquisition d’équipements modernes et l’amélioration des capacités opérationnelles. Cette dynamique s’est opérée alors même que l’armée était fortement engagée sur le terrain. Ainsi, les autorités ont conduit simultanément le processus de reconstruction et de modernisation de l’armée tout en assurant la conduite des opérations de défense et de sécurisation du territoire.
Cet engagement reflète leur détermination à renforcer durablement les capacités des Forces armées maliennes. Les efforts ont notamment porté sur l’amélioration des conditions de vie et de travail ; l’harmonisation des grilles salariales ; l’augmentation de la valeur indiciaire ; la bancarisation des salaires des militaires ; l’adoption d’un système informatisé de gestion des ressources humaines ; la valorisation du sacrifice des soldats tombés au combat ; l’amélioration des conditions de vie : logement, soins médicaux, indemnités, etc. Sans compter la prise en charge des anciens combattants et des blessés de guerre.
Des acquisitions qui ont fait de l’Armée un véritable outil de défense nationale
L’acquisition des équipements à la hauteur de nos ambitions militaires et à la hauteur des nouvelles menaces a été « un tournant stratégique majeur ». Et cela d’autant plus que, a rappelé le Général Diarra, « nos forces ont été pendant trop longtemps confrontées à l’asymétrie du conflit sans disposer des moyens adéquats ». Aujourd’hui, grâce à la clairvoyance des autorités de la transition, « nous avons franchi un cap avec l’arrivée d’équipements de dernière génération ». Des investissements réalisés dans les équipements lourds, les véhicules de transport de troupes, les véhicules de transport logistique, les drones, les avions de chasse, les hélicoptères de combat, l’artillerie, les véhicules blindés, les équipements de communication et de protection.
« Cela était donc essentiel pour redonner à l’armée les moyens d’accomplir pleinement ses missions de défense du territoire et de protection des populations et renforcer leur autonomie », a assuré le ministre délégué chargé de la Défense et des Anciens combattants. La qualité d’une armée repose avant tout sur celle de ses hommes. Ainsi, selon le ministre délégué, les efforts consentis à la formation et à l’entraînement ont été un pilier central de la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa).
En matière de coopération régionale et de lutte contre le terrorisme, le Général Diarra a mis l’accent sur la création de la Force conjointe de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Selon lui, cette initiative « est une réponse pragmatique, souveraine et concertée aux menaces communes qui pèsent sur nos États ». Sur le terrain, « cette coopération militaire progresse de manière satisfaisante » avec des opérations conjointes planifiées et menées dans les zones frontalières sensibles sur la base d’un commandement partagé et d’une assistance opérationnelle croissante entre les armées. « Ce que nous construisons au sein de l’AES va bien au-delà d’une simple alliance militaire. C’est une vision partagée de la souveraineté, de la stabilité et de la sécurité des peuples du Sahel. Cela nous permet de répondre plus efficacement à des menaces transnationales qui ne respectent pas les frontières », a rappelé le Général de division Oumar Diarra.
« Nos efforts portent leurs fruits : nos troupes sont de plus en plus professionnelles, engagées et conscientes de leur mission régalienne », a assuré le ministre délégué. Symbole fort de ces cinq ans, les FAMa ont repris le contrôle de plusieurs localités stratégiques dans le nord du pays, dont la ville de Kidal en fin d’année 2023, qui échappait au contrôle de l’État central depuis des années. Et la débâcle infligée aux forces obscurantistes (FLA, JNIM et alliés) à l’issue de violents combats entre le 4 et le 6 juillet derniers pour le contrôle d’Anefis a sans doute fini par convaincre les plus sceptiques que la montée en puissance des FAMa, soutenues par des alliés sincères, n’est pas un slogan de propagande. Elle est le fruit d’une vision ; d’une astucieuse planification sur la base d’une volonté politique souveraine !
Moussa Bolly
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