La Cour suprême du Mali a confirmé la condamnation de l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, à dix ans de prison ferme dans l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires en 2014. En rejetant son pourvoi en cassation, la haute juridiction rend définitive une décision qui marque l’un des dossiers judiciaires les plus emblématiques de la lutte contre la corruption au Mali.
Le 4 août 2026, la chambre criminelle de la Cour suprême a rejeté le recours introduit par la défense de l’ancienne ministre contre le jugement rendu le 8 juillet 2025 par la Cour d’assises spéciale sur les crimes économiques et financiers.
Lors de ce procès, Bouaré Fily Sissoko avait été reconnue coupable de faux en écriture, usage de faux et atteinte aux biens publics dans le cadre des opérations ayant conduit à l’acquisition de l’avion présidentiel ainsi que d’équipements militaires durant le mandat de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. La juridiction l’avait condamnée à une peine de dix ans d’emprisonnement ferme.
Son avocat, Me Dianguiné Tounkara, avait saisi la Cour suprême d’un pourvoi en cassation afin d’obtenir l’annulation de cette condamnation. La haute juridiction a toutefois estimé que les moyens soulevés ne remettaient pas en cause le jugement de première instance, confirmant ainsi intégralement la peine prononcée.
Le dossier remonte à 2014 et porte sur l’acquisition d’un avion présidentiel, dont le coût avait été estimé à près de 40 millions de dollars, ainsi que sur l’achat de matériels militaires auprès d’une société malienne. Ces opérations avaient été réalisées sans appel d’offres, suscitant de vives critiques tant au niveau national qu’international.
À l’époque, cette affaire avait entraîné des sanctions de plusieurs partenaires financiers du Mali, notamment le gel, durant six mois, des décaissements du Fonds monétaire international (FMI), en raison d’irrégularités relevées dans les procédures de passation des marchés publics.
Le procès n’a pas concerné uniquement l’ancienne ministre. Moustapha Ben Barka, ancien ministre et ex-vice-président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), jugé par contumace en son absence, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Plusieurs officiers militaires impliqués dans les mêmes dossiers ont également été reconnus coupables et condamnés par la justice.
Avec la confirmation du verdict par la Cour suprême, la condamnation de Bouaré Fily Sissoko devient définitive, mettant un terme à l’ensemble des recours ordinaires dans cette affaire qui demeure l’un des symboles des poursuites engagées contre les auteurs présumés de malversations financières liées à la gestion des deniers publics.
Sory Diakité
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