PROJET ALTERNATIF MALI 2063 : La vision de la souveraineté face aux convoitises extérieures

Le Projet Alternatif Mali 2063 (PAM 2063), est une vision politique dont la réussite dépend de la rigueur et de la constance d’une gouvernance responsable axée sur la volonté de résister aux puissances impérialistes dans tous les domaines.

Vectrice d’une nouvelle Afrique en marche, le « PAM-2063 » repose sur nos capacités d’organisation, d’éducation et de mobilisation du peuple en faveur des programmes et projets envisagés. La formation de l’homme nouveau en général, et de ceux chargés de la formation du caractère des nouvelles générations en particulier, est un facteur de réussite important. Cette tâche est plus difficile que la construction d’une muraille. Elle ne s’improvise pas non plus. Elle nécessite le temps et les moyens. Ce volet constitue, hélas, le maillon faible de la transition. Sans l’organisation, la formation idéologique et politique du peuple, les victoires militaires et diplomatiques ne résisteront pas à la récurrence des trois terrorismes cités par le président Assimi, à savoir les terrorismes sécuritaire, médiatique et économique.

L’autre facteur non négligeable dans la concrétisation de cette vision est notre capacité à réunir les moyens et les conditions de l’émergence face à l’hostilité des puissances impérialistes et des affidés locaux. Ce qui implique de savoir et pouvoir sortir des paradigmes et méthodes néocoloniaux de développement. Si nous n’avons pas le courage de prendre le grand large, c’est que nous n’avons pas pris conscience de la hauteur et de la grandeur de la rupture historique avec les conséquences de cinq envahissements successifs (perse-grec-romain-arabo-musulman, et colonisation européenne suite à la conférence de Berlin (1884-1885). Toutes ces agressions découlent de deux biens fondamentaux qu’on ne peut posséder sans être la convoitise des autres. À commencer par l’attrait du savoir culturel, scientifique et technologique. Tout est parti d’Afrique, qui fut alors que les autres continents n’étaient pas, ou étaient dans l’obscurité des cavernes.

Après la Grèce antique, la Renaissance européenne, qui a fait passer l’Europe de périphérie à centre du monde, entre l’an 1000 et 1500, est due à l’apport arabo-berbère suite à la conquête de l’Espagne. À deux reprises, l’Afrique a été le précepteur de l’Europe. L’Égypte a été le précepteur de la Grèce. Ce sont les arabo-berbères d’Afrique du Nord qui ont apporté les connaissances du monde afro-asiatique à l’Europe (chiffres arabes, médecine, astronomie, etc.).

Hier comme aujourd’hui, l’Afrique est le continent le plus doté en ressources naturelles. Aujourd’hui, plus qu’hier, l’Europe a besoin des ressources africaines pour maintenir sa prospérité. Nous nous abusons si nous croyons aux théories subtilement empoisonnées de démocratie et de droit du prédateur.

La terre des humains est un monde de lutte ; tout le reste est imposture des princes et des riches. N’oublions pas que seule la lutte paie : « les peuples tiennent leur liberté dans leurs mains, et leur avenir dans leur volonté ». Acceptons donc de payer le prix de la souveraineté en soutenant une longue lutte contre les pratiques multiformes de domination néocoloniale. La leçon iranienne doit nous motiver et nous inspirer fortement.

Diatrou Diakité Consultant indépendant

 


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