Ségou, 11 août 2026 – La situation phytosanitaire des cultures dans les différentes zones de production de l’Office du Niger demeure globalement maîtrisée, malgré la présence de chenilles, d’oiseaux granivores, de rongeurs et de rats dans certains périmètres. Pour anticiper une éventuelle aggravation et renforcer l’efficacité de la lutte contre les ravageurs, les responsables de l’Office du Niger préconisent notamment la mise en place d’un mapping des zones affectées.

Une réunion d’échanges consacrée au suivi de l’évolution de la situation phytosanitaire s’est tenue ce mardi 11 août 2026 dans la salle de conférence de la Direction générale de l’Office du Niger. Présidée par le Président-directeur général de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary Tounkara, la rencontre a réuni les cadres de la Direction de l’Appui au Monde rural, les directeurs des zones de production, le Directeur régional de l’Agriculture de Ségou, Amadou Sogoba, ainsi que le chef du service de l’Office de Protection des Végétaux (OPV), Oumar Kamissoko.
Cette réunion fait suite à une rencontre nationale tenue le 6 août dernier au ministère de l’Agriculture à Bamako, consacrée au suivi de la situation phytosanitaire des cultures.
À l’issue du compte rendu présenté par le chef du Bureau de la représentation de l’Office du Niger à Bamako, Issa Touré, le PDG de l’Office du Niger a demandé aux directeurs des différentes zones de production de faire le point sur la situation dans leurs périmètres respectifs.
Les interventions ont fait ressortir une situation relativement calme dans l’ensemble des zones de production. Toutefois, la présence d’oiseaux granivores, de chenilles, de rongeurs et de rats a été signalée dans certains périmètres. Ces foyers ne présentent pas, à ce stade, un niveau de gravité jugé alarmant à l’échelle de l’Office du Niger.
Malgré ce constat rassurant, le PDG de l’Office du Niger a appelé à renforcer les mécanismes de prévention afin de limiter les risques liés à la prolifération des déprédateurs. Il a notamment insisté sur la nécessité d’une meilleure organisation et d’une coordination accrue entre les différents acteurs du dispositif phytosanitaire.
Cette collaboration doit notamment associer l’Office du Niger, la Direction régionale de l’Agriculture (DRA), l’Office de Protection des Végétaux (OPV) et l’Institut d’Économie rurale (IER). Pour le Directeur régional de l’Agriculture, Amadou Sogoba, un partage régulier et fiable de l’information permettra d’améliorer la coordination des interventions et de rendre la riposte plus efficace.
De son côté, le chef du service de l’OPV, Oumar Kamissoko, a présenté l’état des stocks de produits phytosanitaires disponibles à Bamako et dans les régions. Ces stocks comprennent notamment 2 769 litres d’insecticide biologique Rapax, 1 486 litres de Pyrical 480 CE, 575 litres de Pyrical ULV, 4 030 litres d’Avicide, 2 088 kilogrammes de fongicide et 779 kilogrammes de raticide.
Selon les responsables, ces quantités restent insuffisantes au regard des besoins potentiels. Le renforcement des dispositifs de lutte apparaît donc nécessaire, notamment à travers la mobilisation et la formation des brigades villageoises, appelées à jouer un rôle important dans la surveillance et la réponse aux foyers de ravageurs.
Face à cette situation, le PDG de l’Office du Niger a appelé à une synergie d’action entre l’ensemble des parties prenantes. Il a surtout préconisé l’élaboration d’un mapping phytosanitaire, destiné à cartographier les zones et parcelles touchées ou susceptibles de l’être.
Cet outil doit permettre de localiser plus précisément les foyers de déprédateurs, d’identifier les zones à risque et de mieux orienter les interventions sur le terrain. L’objectif est ainsi de passer d’une réponse essentiellement réactive à une approche davantage préventive et ciblée.
Plusieurs mesures ont été retenues à l’issue de la rencontre. Elles portent notamment sur l’élaboration d’un plan d’action de lutte contre les ravageurs, l’organisation d’une mission conjointe de terrain réunissant la DRA, l’Office du Niger et l’OPV, ainsi que la production d’un rapport détaillé sur la situation phytosanitaire.
La rencontre a également recommandé une meilleure gestion des déchets afin de préserver l’environnement, ainsi que la pérennisation des réunions de concertation. Ces rencontres devront notamment permettre de valider les informations collectées et analysées avant les réunions bimensuelles consacrées au suivi de la situation phytosanitaire à Bamako.
L’Office du Niger entend ainsi renforcer son dispositif de veille et d’intervention afin de préserver les cultures et de limiter l’impact des ravageurs sur les productions agricoles.
Sory Diakité
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