L’Office du Niger (O.N) ambitionne de devenir un pôle agro-industriel majeur au service de la souveraineté alimentaire du Mali et de l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une interview accordée au magazine Afrique Émergente (numéro d’octobre-novembre 2026), son Directeur général, Dr Samba Bocary Tounkara, présente les perspectives de développement de l’entreprise publique, les résultats enregistrés et les défis à relever.

Selon le responsable, la production cumulée de l’Office du Niger entre 2020 et 2025 aatteint 4 683 257 tonnes de riz paddy, 2 027 761 tonnes de produits maraîchers et 457 080 tonnes de cultures de diversification. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où la production céréalière nationale a dépassé 11,4 millions de tonnes lors de la campagne 2025, selon les chiffres cités dans l’entretien.
Pour soutenir la production, des travaux de réhabilitation ont notamment concerné 4 200 hectares à N’Débougou, avec l’appui de la coopération allemande. L’entretien du barrage de Markala et du réseau hydraulique figure également parmi les priorités. Le Contrat-Plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles pour la période 2025-2029 prévoit une enveloppe globale de 939,4 milliards de FCFA. Selon le DG, ce programme doit contribuer à l’extension des périmètres irrigués et à l’augmentation des productions agricoles.

Malgré ces avancées, plusieurs difficultés demeurent comme la pression sur les ressources en eau, la maintenance des infrastructures, l’accès aux intrants, les pertes après récolte et la dépendance aux importations de riz pour stabiliser le marché intérieur pendant la période de soudure.
Sur le plan financier, Dr Samba Bocary Tounkara indique que l’O.N a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 7,75 milliards de FCFA, pour un résultat net bénéficiaire de 7 803 258 FCFA et un bilan total de 75,8 milliards de FCFA. La principale ambition repose sur la Stratégie de développement global pour le renouveau de l’Office du Niger, présentée comme une initiative présidentielle dont le coût prévisionnel est estimé à 3 500 milliards de FCFA d’ici 2063.
Le projet prévoit la création de plateformes agro-industrielles et de centres de services destinés à transformer les productions agricoles au plus près des zones de production. L’objectif est notamment de réduire les pertes post-récolte, de développer la transformation locale et d’accroître la valeur ajoutée des filières du riz, du maraîchage et de l’élevage.

Le Directeur général a également évoqué la volonté de positionner l’Office du Niger comme un pôle rizicole de référence pour l’AES, afin de contribuer à réduire la dépendance alimentaire de la sous-région. La réussite de cette ambition dépendra aussi, selon lui, de la mobilisation des exploitants agricoles, de l’entretien des réseaux d’irrigation et du développement de partenariats avec les investisseurs. L’Office entend par ailleurs encourager l’entrepreneuriat agricole des jeunes et des femmes, notamment à travers l’initiative « Jeunes entrepreneurs agricoles-Shifin Djigui ».
Pour Dr Samba Bocary Tounkara, la transformation de l’Office du Niger en pôle agro-industriel nécessite des investissements importants, une meilleure organisation des filières et une collaboration durable entre l’État, les producteurs et le secteur privé.
Sory Diakité
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