Prévue en marge de la dernière Biennale artistique et culturelle (BAC), « Tombouctou 2025 », le programme « CultureAct 1 » a été finalement lancé mercredi dernier (15 avril 2026) au CICB par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Pour la circonstance, M. Mamou Daffé avait à ses côtés le chef de bureau de la Coopération suisse au Mali, M. Claude Wandeler, et plusieurs personnalités des arts et de la culture au Mali. Cette cérémonie constitue une étape majeure de visibilité et de mobilisation. Ce programme s’inscrit dans une dynamique d’innovation et encourage les pratiques émergentes, l’usage du numérique et les approches transversales entre culture, éducation, citoyenneté et développement économique.

Renforcer la gouvernance locale, professionnaliser les acteurs et promouvoir des initiatives culturelles inclusives, contribuant ainsi à un développement durable et territorial ! C’est ce qui est attendu du programme « CulturAct 1 » officiellement lancé mercredi dernier par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Cette initiative est mise en œuvre dans le cadre de l’Accord de projet signé le 9 juillet 2025 entre la République du Mali et la Confédération suisse. Symbolisant un partenariat stratégique au service du secteur culturel malien, elle traduit « l’ambition partagée » de faire de la culture « un pilier du développement national, de la cohésion sociale et de la souveraineté culturelle ».
Ce programme intervient dans quatre zones prioritaires, notamment Sikasso, Mopti, Tombouctou et le district de Bamako qui vont bénéficier de cadres de concertation régionaux réunissant collectivités, services techniques et acteurs culturels. Il vise à y soutenir la création artistique, à accompagner les acteurs culturels et à renforcer les capacités des collectivités territoriales. Une approche territorialisée permettant de répondre aux réalités spécifiques de chaque région tout en consolidant un écosystème culturel national plus structuré et inclusif.
En cohérence avec la dynamique de structuration et de professionnalisation du secteur culturel malien, enclenchée depuis que 2025 a été déclaré « Année de la Culture » (2025), à travers le Programme de développement de la culture (Maliden Kura 2025-2027), CulturAct.1 s’aligne sur la vision des autorités maliennes de « contribuer de manière significative à la revitalisation culturelle des territoires ».
Le chef de bureau de la Coopération suisse au Mali, M. Claude Wandeler, a rappelé lors de la cérémonie de lancement que « la culture est un levier essentiel de développement humain, social et économique ». Il a mis l’accent sur l’importance de la diversité culturelle comme vecteur de dialogue et d’innovation, affirmant ainsi l’engagement de la Suisse à accompagner le Mali dans la mise en place d’un écosystème culturel durable et inclusif, au service de la cohésion sociale et de la souveraineté culturelle.
Quant au ministre Mamou Daffé, il a salué la richesse des talents maliens et la créativité des territoires. Il est convaincu que CultureAct 1 contribuera à professionnaliser le secteur et à soutenir les initiatives locales. Le ministre a également insisté sur « la nécessité de valoriser les jeunes et les femmes comme acteurs majeurs de la transformation culturelle ». Ce programme est mis en œuvre dans un contexte national marqué par des défis sociaux, économiques et sécuritaires complexes.
Un environnement dans lequel la culture ne cesse de s’affirmer plus que jamais comme « un levier stratégique de résilience et de transformation ». Et cela d’autant plus qu’elle « porte les identités, favorise le dialogue, soutient les dynamiques économiques locales et contribue à la transmission des valeurs ». On comprend alors aisément pourquoi ce nouveau programme œuvre à consolider le rôle de la culture comme « levier majeur de paix et de développement, capable de renforcer les liens sociaux et d’accompagner les communautés face aux crises ». Déjà, dans plusieurs zones d’intervention, l’action culturelle apparaît comme « une réponse complémentaire aux enjeux de stabilité, de prévention des conflits et de reconstruction du tissu social ».
Innovation, durabilité et inclusion
Comme indiqué plus haut, ce programme vise à apporter un appui direct aux artistes, aux troupes, aux opérateurs culturels et aux institutions du secteur. Il soutient les initiatives de création, encourage la professionnalisation, valorise les pratiques culturelles locales et renforce les capacités de planification et de gestion culturelle. En favorisant les synergies entre initiatives individuelles, structures culturelles, collectivités et communautés, CulturAct 1 accompagne l’écosystème culturel dans son ensemble, de la création à la diffusion.
Cette initiative accorde notamment une attention particulière à la gouvernance culturelle locale. Ainsi, les Conseils régionaux et les Directions régionales de la Culture bénéficieront d’un appui technique pour structurer leurs interventions, élaborer des politiques culturelles territoriales et instaurer des cadres de concertation. « Cette dimension contribue à ancrer durablement la culture dans les politiques publiques locales et à promouvoir des réponses adaptées aux contextes régionaux », a indiqué un dossier de presse sur le programme.
Celui-ci (programme) s’inscrit dans une dynamique d’innovation, le programme encourage les pratiques émergentes, l’usage du numérique et les approches transversales entre culture, éducation, citoyenneté et développement économique. Il accorde également une place centrale à la participation active des femmes, reconnues pour leur rôle clé dans la transmission culturelle, l’innovation et la cohésion sociale. Il soutient leur implication en tant qu’artistes, entrepreneures, gestionnaires culturelles et porteuses d’initiatives locales, tout en plaçant la jeunesse au cœur de sa vision de transformation.
CulturAct est mis en œuvre en étroite collaboration avec le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, le département de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ainsi que celui des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Autant dire que cette mise en œuvre s’appuie sur une coordination institutionnelle solide ; sur une synergie qui garantit son alignement sur les politiques publiques nationales, la cohérence des interventions dans les régions et la complémentarité avec les initiatives étatiques en faveur de la culture et du développement territorial.
Cette opérationnalisation confirme surtout l’engagement de la Coopération suisse aux côtés des artistes, des acteurs culturels, des collectivités et des communautés.
Moussa Bolly Avec : CCOM-MACIHT
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