L’ŒIL DE LE MATIN : Promesse tenue, modèle préservé, vitrine plus rayonnante que jamais !

S’amuser tout en restant un bon citoyen ! Tel est le rêve du désormais ancien président du Bénin, Patrice Talon. Et il peut se le permettre sans qu’aucune Béninoise et aucun Béninois ne crie au scandale parce qu’il a rempli le contrat le liant à sa patrie. « Je quitte la charge avec le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même et d’avoir amené le pays à faire quelques pas dans tous les domaines », a-t-il déclaré à sa sortie des urnes le dimanche 12 avril 2026. Et de rappeler que l’ambiance apaisée de ce scrutin présidentiel est la preuve que les réformes politiques qu’il a initiées font dorénavant partie du socle démocratique béninois.

En fait, le président Talon vient de relever un défi qui semble être de la mer à boire pour beaucoup de ses homologues en Afrique : organiser sa propresuccession ! Ainsi, fidèle à sa promesse de respecter la limite constitutionnelle des deux mandats, il s’apprête à passer le témoin à son successeur. Il a ainsi réussi à faire du dimanche 12 avril 2026 une date symbolique pour le Bénin. Il a refusé d’entrer dans l’histoire comme celui qui a porté un coup de canif au modèle démocratique du Bénin en tripatouillant la constitution afin de s’accorder une présidence à vie. 

Personne ne voulant ouvrir une brèche dans ce mur solide de la démocratie, le candidat du parti FCBE (Forces cauris pour un Bénin émergent, opposition dite modérée), Paul Hounkpè, a reconnu sa défaite (le lendemain du scrutin du 12 avril 2026), avant même la proclamation des résultats officiels par la Commission électorale nationale autonome (CENA). De toutes les manières, il n’y a pas eu match (Avec un taux de participation à 63,57 %, selon les résultats de la Cour constitutionnelle, Wadagni a obtenu 94,27 % des voix, contre 5,73 % des suffrages exprimés en faveur de Paul Hounkpè), comme dirait l’autre. Et malgré des « pratiques isolées » qui ne sont pas de nature à « entacher la régularité du scrutin » (mission d’observation de la CEDEAO).

Le Bénin a été et demeure un modèle en Afrique, voire un laboratoire, notamment dans les ex-colonies d’Afrique. Il a été surnommé le « Quartier latin de l’Afrique ». Un surnom mettant en exergue la richesse culturelle et le niveau d’éducation élevé de ses élites. Et malgré un passé d’instabilité politique, ce pays a réussi à s’imposer comme la vitrine démocratique de l’Afrique francophone. Il y a ainsi organisé la première conférence nationale du 19 au 28 février 1990. Même si le processus démocratique y a souvent vacillé, le train n’a jamais déraillé. De Mathieu Kérékou à Talon, en passant par Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, chacun des présidents a su comprendre le désir ardent du peuple béninois et a cédé le pouvoir sans y être contraint par la force.

Et même l’Armée, qui est en train de soumettre le processus démocratique malien à rudes épreuves, ne veut pas être indexée comme la force qui torpille le modèle béninois. La preuve ? C’est la tentative de coup d’État qui y a été déjouée le 7 décembre 2025. Confirmant son allégeance à l’État, l’armée béninoise a rapidement maîtrisé les assaillants dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri.

Comme l’a dit un chroniqueur, ce qui s’est passé au Bénin le 12 avril 2026 n’est pas un miracle. C’est le fruit de la volonté d’un chef qui a choisi son peuple à son ego. Et cela d’autant plus, l’a-t-il rappelé, « la démocratie fragile survit ou meurt par la vertu d’un seul homme au sommet ». Au Mali, la classe politique porte la responsabilité collective de l’impasse démocratique qui a poussé le pays au bord du précipice. La mégalomanie de ses dirigeants a ouvert des brèches en replongeant le pays dans un cycle de coups d’État. Sans compter que nous n’avons pas compris au Mali que, comme l’a si bien indiqué un intellectuel sur les réseaux sociaux, « la démocratie est un processus continu, une quête permanente qui s’améliore et se construit avec le temps… Elle se définit non pas par des hommes, mais aussi par un système de principes et d’institutions ». La refondation nous permettra-t-elle de prendre conscience de cela et nous conduira-t-elle au bout de cette impasse ? Rien n’est moins sûr !

En tout cas, homme de parole et convaincu qu’il y a une vie meilleure après l’exercice du pouvoir, Patrice Talon rentre désormais dans l’histoire des grands leaders africains qui ont osé et qui ont réussi à faire rêver l’Afrique ; ces hommes qui démentent ceux qui pensent que « la démocratie est un luxe pour l’Afrique ». Il rentre dans l’histoire comme l’homme qui a su partir au bon moment après avoir transformé le visage économique et politique du Bénin ; un grand leader qui a bien accompli son devoir pour préserver ce modèle atypique en Afrique !

Moussa Bolly


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