
J’ai des frissons.
J’ai croisé le Général Sadio Camara sur un vol Dakar-Bamako en 2021. Humble, discret sur son siège, des passagers comme moi qui entraient dans l’avion l’ont pourtant reconnu dans sa tenue civile, un chapelet à la main, et l’ont salué. Certains disaient excellence, d’autres Monsieur le ministre. Lui hochait simplement la tête en retour.
Ce qui m’a frappé ce jour-là, c’est que l’homme voulait se faire le plus discret possible dans l’avion. Comme s’il ne voulait pas être reconnu. Arrivé à Bamako, il a bien sûr été accueilli par le protocole d’État et conduit vers le salon d’honneur… Et ce funeste matin du 25 avril 2026, la mort l’a trouvé chez lui. Ainsi que d’autres qui allaient simplement prier Fajr dans la mosquée à côté… Que Dieu ait leurs âmes !
On ne peut s’empêcher de ressentir de l’effroi et de l’indignation face à un acte aussi barbare. Frapper des gens dans un moment aussi intime. Abattre l’homme au cœur même de l’endroit où il est le moins protégé, où il a le plus baissé sa garde. Avec sa famille.
Cette crise n’a pas fini de faire des victimes, hélas. La mort injuste ne peut nous laisser indifférents, car c’est un passage obligé pour tout être vivant. Et qui souhaite la paix, doit préparer la guerre et être prêt à tomber sur le champ de l’honneur.
Sadio Camara n’est plus. Le Mali est menacé et doit survivre.
Paix aux âmes des victimes civiles et militaires du 25 avril 2026.
Condoléances aux familles éprouvées et qu’Allah apaise les cœurs !
Mame Diarra Diop : Journaliste/Ecrivaine
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