L’état des ressources en eau de la planète continue de se dégrader. En effet, selon le nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 17 septembre 2026, 2025 figure parmi les années les plus sèches jamais enregistrées pour les débits des cours d’eau au cours des 35 dernières années.

Le rapport sur l’état des ressources en eau dans le monde révèle également une tendance durable à la diminution des réserves d’eau stockées sur les terres. Depuis 2014-2016, les réserves constituées notamment des nappes phréatiques, des lacs, des rivières, des sols, de la végétation, de la neige et de la glace affichent une tendance à la baisse.
En 2025, les débits fluviaux étaient inférieurs à la normale sur 36 % de la superficie mondiale des bassins hydrographiques. Pour la septième année consécutive, les bassins présentant des conditions considérées comme normales sont restés minoritaires. L’OMM souligne ainsi un cycle de l’eau devenu plus irrégulier, alternant davantage entre déficit et excès. Le continent africain fait partie des régions les plus touchées par les événements hydrologiques extrêmes. Au cours des cinq dernières années, l’Afrique et l’Asie ont représenté au moins la moitié des événements hydrologiques extrêmes recensés dans le monde et plus de 80 % des décès qui leur sont associés, selon l’OMM. La situation n’est toutefois pas uniforme sur le continent.
En 2025, les bassins du Sénégal, du Niger, du lac Tchad, de l’Orange et du Limpopo ont enregistré des débits supérieurs à la normale. À l’inverse, les bassins du Nil, du Congo et du Zambèze ont connu des débits nettement inférieurs aux niveaux habituels. Cette différence illustre l’évolution d’un cycle hydrologique de plus en plus contrasté et difficile à anticiper. Autre signal préoccupant : toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont encore enregistré, pour la quatrième année consécutive, des pertes de masse en 2025.

Entre 2023 et 2025, les glaciers ont perdu cumulativement environ 1 400 gigatonnes d’eau. Cette fonte peut accroître certains risques à court terme, tout en réduisant progressivement les réserves disponibles pour les populations dépendantes des eaux issues des glaciers. L’OMM relève également qu’environ deux tiers des puits souterrains surveillés dans le monde présentaient en 2025 des niveaux éloignés de leurs valeurs historiques normales, avec une situation davantage orientée vers le déficit qu’en 2024.
Pour la Secrétaire générale de l’OMM, Céleste Saulo, ces réserves naturelles constituent une sorte de « compte d’épargne » permettant d’amortir les années sèches. Leur diminution continue depuis une décennie réduit cette capacité de protection. Face à ces tendances, l’OMM appelle notamment à renforcer l’observation hydrologique, le partage des données et les systèmes d’alerte précoce, particulièrement dans les régions les plus exposées aux sécheresses et aux inondations.
Sory Diakité
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