Afrique du Sud: Washington durcit sa politique de visas sur fond de désaccords avec Pretoria

Les États-Unis ont annoncé le 15 septembre 2026 des restrictions de visas visant les individus impliqués dans des politiques sud-africaines liées aux réformes foncières et aux mesures correctives post-apartheid, au nom de la protection de leurs intérêts stratégiques. Cette décision s’appuie sur l’article 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration et peut s’étendre aux familles des personnes concernées, dans un contexte de tensions accrues sur des dossiers tels que la procédure contre Israël devant la CIJ. Pretoria rejette fermement les accusations de persécution raciale ou de discrimination systémique contre la population blanche, qualifiant ces critiques d’inexactes. Le gouvernement sud-africain défend ses politiques comme des outils nécessaires pour corriger les inégalités héritées de l’apartheid, affirmant que la situation des minorités est mal comprise par Washington.

Les États-Unis ont annoncé, mardi 15 septembre, de nouvelles restrictions de visas susceptibles de viser des ressortissants étrangers impliqués dans certaines politiques menées en Afrique du Sud. Washington invoque notamment les questions foncières et les mesures fondées sur des critères raciaux, des accusations contestées par Pretoria.

Les tensions entre Washington et Pretoria connaissent un nouvel épisode. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé une politique de restriction de visas visant des personnes que les autorités américaines considèrent comme responsables ou complices de l’adoption ou de la mise en œuvre de certaines politiques en Afrique du Sud.

Dans un communiqué du Département d’État américain reçu par notre rédaction le 15 septembre, il indique que cette mesure repose sur l’article 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité. Cette disposition permet aux autorités américaines de refuser l’entrée aux États-Unis à un ressortissant étranger lorsqu’elles estiment que sa présence pourrait avoir de graves conséquences pour la politique étrangère du pays.

La mesure ne constitue pas une interdiction générale visant les ressortissants sud-africains. Elle concerne des individus que Washington estime impliqués dans des politiques permettant des saisies de terres sans indemnisation, des discriminations fondées sur la race ou l’incitation à une violence imminente contre des membres de minorités ethniques ou raciales.

Aucun nom n’a été rendu public dans le cadre de l’annonce de cette nouvelle politique.

Washington met en cause certaines politiques sud-africaines

L’administration américaine affirme être préoccupée par la situation des Afrikaners et d’autres minorités en Afrique du Sud. Elle critique notamment certaines dispositions relatives à la réforme foncière et des politiques destinées à corriger les inégalités héritées de l’apartheid.

Selon le Département d’État, le gouvernement sud-africain n’aurait pas suffisamment répondu aux préoccupations déjà formulées par Washington.

Les restrictions pourront, dans certaines circonstances, être étendues aux membres de la famille des personnes concernées.

Cette décision s’inscrit dans une série de différends entre les deux pays. Outre les questions foncières et raciales, Washington et Pretoria se sont opposés sur plusieurs dossiers de politique étrangère, notamment la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice.

Pretoria rejette les accusations de persécution raciale

La lecture américaine de la situation est toutefois fermement contestée par les autorités sud-africaines.

Pretoria soutient qu’il n’existe pas de preuve d’une persécution systématique ou d’une discrimination organisée contre la population blanche du pays. Le président Cyril Ramaphosa a également dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il considère comme des informations erronées concernant une prétendue persécution des Blancs en Afrique du Sud.

Le gouvernement sud-africain présente par ailleurs certaines de ses politiques économiques, foncières et sociales comme des instruments destinés à réduire les profondes inégalités héritées de plusieurs décennies d’apartheid.

Plus de trente ans après l’instauration de la démocratie multiraciale en 1994, les questions de propriété foncière et de répartition des richesses continuent en effet d’occuper une place centrale dans le débat politique et économique sud-africain.

La nouvelle politique américaine de visas ajoute ainsi un nouvel élément de tension aux relations entre Washington et Pretoria, déjà confrontées à plusieurs désaccords diplomatiques.

Source : AllAfrica


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