En s’inclinant le 7 septembre 2026 face à l’Allemagne (58-83), le pays organisateur, le Mali a vu son parcours s’arrêter au terme de la phase de groupes de la Coupe du monde féminine de basket-ball. Au-delà d’une ambition contrariée, le public sportif malien retient surtout la farouche détermination d’une jeune sélection à hisser haut les couleurs nationales.
Dans cette compétition, le Mali a bouclé la phase de poules à la 4ᵉ place du groupe A avec quatre points, donc à égalité avec le Japon. Malheureusement, les Japonaises avaient dominé (102-97) les Aigles dames lors de la première journée du groupe. Ce qui leur a permis de prendre la 3ᵉ place grâce au gain de la confrontation directe. Cela leur a donné le droit de disputer les barrages. Par contre, Djénéba N’Diaye et ses coéquipières ont dit adieu à la compétition. Première nation africaine, le Mali a terminé à la 13e place au classement général devant notamment, la Türkiye, la Tchéquie et le Nigeria. C’est particulièrement remarquable puisque le Mali était à sa 3e participation à une Coupe du monde féminine.
L’élimination dès la phase de poules a été cruelle parce que cette sélection pouvait légitimement viser plus haut après la victoire éclatante (82-73) sur l’Espagne. Ainsi, 76 ans après l’Égypte, le Mali est devenu la deuxième nation africaine à battre l’Espagne en Coupe du Monde FIBA féminine. Oui, après cet exploit historique et retentissant contre l’une des meilleures sélections féminines du monde, les Rokiatou Doumbia, Fatoumata Sanou, Djénéba Ndiaye, Maïmouna Haïdara, Kamité Elisabeth Dabou, Djénéba Sangaré, Alima Gnéré Dembélé, Aminata Brahim Sangaré, Diana Balayera, Sika Koné, Nagnouma Coulibaly et Mama Cissé pouvaient légitimement rêver d’un premier quart de finale mondial. Et tout le Mali a rêvé avec elles !
Le rêve ne s’est pas réalisé, mais les Maliens sont fiers de ce beau parcours car convaincus que le meilleur est à venir pour cette sélection. Les pouliches d’Oumarou Sidiya ont séduit et émerveillé les Maliens par leur don de soi, leur rage de vaincre, le fighting spirit affiché tout au long des rencontres, la résilience dans les moments difficiles… Cette élimination prématurée a été facile à digérer par le public sportif convaincu que les joueuses ont tout donné ; elles ont véritablement mouillé le maillot ; elles se sont toujours battues avec les tripes pour hisser haut les couleurs nationales. Mais, comme on le dit couramment, « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a » !
« Malgré l’issue de cette compétition, je garde en mémoire l’engagement, le travail d’équipe et la passion que nous avons partagés. Cette expérience a été riche en émotions, en apprentissages et en défis relevés ensemble. Je suis fière de ce que nous avons accompli et reconnaissante pour chaque moment vécu aux côtés de mes coéquipières et de notre staff », a souligné l’ailière Sika Koné. « Cette étape se clôt, mais notre détermination, elle, ne faiblit pas. Nous reviendrons avec encore plus de force et d’ambition », a ajouté la « MVP » (Meilleure joueuse) du match héroïque face à l’Espagne. A l’issue de cette rencontre, elle est entrée dans l’histoire comme la première joueuse à enchaîner 5 double-doubles consécutifs en Coupe du monde depuis 1994.
Cette réaction résume sans doute le sentiment général au sein de ce formidable groupe. Certes, comme l’a souligné un chroniqueur, la défaite fait partie du sport, mais à Berlin, ces Nyeleninw (guerrières) ont gagné quelque chose de bien plus grand : « le respect et la fierté de tout un peuple » ! Les sages, les chroniqueurs sportifs… disent que les défaites ouvrent la voie au succès ! Cette affirmation est l’un des piliers fondamentaux de la psychologie du sport de haut niveau. Ce qui en fait plus qu’un simple cliché. Elle décrit un processus d’apprentissage indispensable pour atteindre l’excellence.
Il revient maintenant de tirer tous les enseignements de ce parcours en décortiquant ce qui n’a pas fonctionné (tactique, technique, physique…). Et chacun (joueuse, entraîneurs, DTN, chroniqueurs, supporters…) doit être écouté et faire une synthèse devant servir de feuille de route pour mieux aborder les prochaines échéances. Chaque désillusion doit être saisie comme une opportunité de reconstruire des générations plus structurées et prêtes pour le niveau international. Le basket malien est en marche et il peut aller très loin si l’on se met ensemble pour corriger nos lacunes, surtout tactiques !
Alphaly
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